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Amateurisme au sommet de l’Etat : Dioncounda accusé

Pour détourner l'attention du peuple malien sur les honteux accords dont il est responsable, le président par intérim n'a eu d'autre parade que de s'offrir en spectacle à travers un cirque digne d'une comédie grecque, appelé « réaménagement technique dans le gouvernement ».

La nouvelle est tombée samedi soir, et a été accueillie avec grande stupéfaction : le président de la République par intérim, Dioncounda Traoré a procédé à un « réaménagement technique » dans son gouvernement sur proposition du Premier ministre, Diango Cissoko.

Ainsi, Abdel Karim Konaté dit « Empe », chargé de l'Industrie et du Commerce devient ministre des Finances. Il fait une permutation avec Tiéna Coulibaly qui détient ce poste depuis avril 2012 et y est resté malgré les différents remaniements.

L'ancien ministre du Travail, de la Fonction publique et des Relations avec les institutions, Mamadou Namory Traoré, pose ses valises au ministère de l'Economie et de l'Action humanitaire. Me Demba Traoré, précédemment chargé des Maliens de l'extérieur atterrit au département de la Fonction publique. Néophyte de l'administration, jusqu'à sa nomination comme ministre, il sera chargé de gérer les fonctionnaires maliens.

Quant à Marimpa Samoura, ex-patron du ministère délégué chargé du Budget, il s'installe dans le fauteuil de Me Demba Traoré pour s'occuper des Maliens de l'extérieur et de l'Intégration africaine.
Pas vraiment de grand changements, à part des permutations, à la lecture de la nouvelle composition. Et l'on s'interroge véritablement sur la pertinence de ce remaniement et la démarche entreprise par le président intérim.

A un mois de l'élection présidentielle, un tel chamboulement dans les cabinets révèle sans nul doute du folklore et de l'amateurisme au sommet de l'Etat. Le hic est qu'aucun ministre, bon ou mauvais (car il y en a beaucoup) n'est remercié.

Pourtant, le caractère négatif du bilan de ce gouvernement, est révélateur de la colère des milliers de Maliens. Quel résultat un Abdel Karim Konaté produira aux Finances en un mois ? Quel est le motif du maintien dans le gouvernement d'un putschiste, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, qui serre la main aux bandits, après avoir dénoncé l'ancien régime de laxisme sur la question de Kidal ?

Quelle est l'utilité d'un gouvernement de plus de trente membres au moment où les finances de l'Etat sont fortement affectées ? Autant de questions qui taraudent l'opinion, qui assiste impuissante à un cirque digne d'une comédie grecque.

Les analystes sont formels : rien ne justifie ce bouleversement. Et l'objectif recherché par Dioncounda n'est autre que de détourner l'attention de l'opinion publique sur la signature des honteux  accords  du 18 juin dernier à Ouagadougou.

Rejetés par l'écrasante majorité des Maliens, ces accords accordent une part belle à des bandits récidivistes du MNLA auteur de crimes et d'exactions au nord du Mali. Dioncounda peut autant de fois se jouer du peuple malien, mais l'Histoire le rattrapera !

Issa Fakaba Sissoko

Mali Web

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