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Présidentielle malienne : saison des pluies, système D et transparence

Les responsables des formations réunis à Bamako pour signer un code de bonne conduite. © Emmanuel Daou Bakary pour J.A

Calendrier serré, fichier électoral à actualiser, populations déplacées : il sera difficile de garantir l’exemplarité du scrutin présidentiel qui va se tenir en juillet au Mali. Source de futures contestations ?

 

 

Candidat de la Convergence pour le développement du Mali (Codem) à la présidentielle, Housseini Amion Guindo se veut pragmatique : « Je préfère un peu de légitimité à pas de légitimité du tout. » Là réside toute l’ambivalence du scrutin prévu le 28 juillet. Quatorze mois après la désignation d’un président et d’un gouvernement intérimaires, la classe politique malienne et la communauté internationale n’ont qu’une hâte : tourner la page de ce système boiteux, contraint d’expédier les affaires courantes sans pouvoir se projeter dans l’avenir, faute de légitimité démocratique. « L’enveloppe [de 3,2 milliards d'euros] accordée au Mali par les donateurs réunis à Bruxelles le 15 mai ne saurait être gérée par un président issu d’un coup d’État militaire », ajoute le député de Sikasso.

 

 

Ramadan

Pour autant, le calendrier fixé au forceps pour sortir de l’impasse institutionnelle ne semble pas de nature à garantir un scrutin immaculé. « Quand un pays se trouve en situation de déconfiture et de guerre, il doit sortir du tunnel avant de songer à organiser une élection présidentielle, tempère Assarid Ag Imbarcaouane, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale (et élu de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice, Adema-PASJ). La priorité est de sécuriser le territoire et de rapatrier les personnes déplacées. »

 

 

« Je préfère un peu de légitimité à pas de légitimité du tout »

Les obstacles qui se dressent sur la route du retour à la légalité ne manquent pas. La campagne électorale, qui doit s’ouvrir le 7 juillet, se déroulera au plus fort de la saison des pluies, mais aussi en plein ramadan. « On ne pouvait choisir pire période pour tenir l’élection, ça frise l’irresponsabilité », déplore Djiguiba Keïta, secrétaire général du Parti pour la renaissance nationale (Parena), qui entend tout de même « jouer le jeu », par « réalisme ». Au nombre des improvisations logistiques qui portent en germe les contestations électorales à venir, la question du fichier biométrique. Recensant 6,9 millions d’électeurs, celui-ci doit encore être révisé et purgé de ses anomalies. Président de la Délégation générale aux élections (DGE), le général Siaka Sangaré se dit confiant : « Sur le plan technique, les deux mois qui nous séparent du premier tour sont suffisants. » Mais au sein de la classe politique, tous ne partagent pas cet optimisme. « Tant que je n’aurai pas pu comparer la nouvelle liste électorale avec l’ancienne, je ne serai pas rassuré », affirme Assarid Ag Imbarcaouane.

 

 

Nina

Dans un pays qui compte plus de 400 000 déplacés et réfugiés, où le recensement minimaliste des Maliens de l’étranger suscite la perplexité et où la fabrication et la distribution des cartes biométriques Nina (pour « numéro d’identification national ») se font à la dernière minute, c’est donc une élection forcément imparfaite qui se prépare pour le 28 juillet. « En période de crise, l’essentiel est de savoir en sortir, résume, pragmatique, Soumaïla Cissé, candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD). En Côte d’Ivoire, on s’était contentés d’un collège électoral de 5,7 millions d’électeurs sur une population de plus de 20 millions d’habitants. »

 

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