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Le boom économique de l'Afrique ne profite pas aux pauvres

L’économie africaine est au beau fixe depuis quelques années. En 2010, le PIB du continent a bondi de 4,7% en 2010, et cette hausse devrait se poursuivre en 2011 et 2012 (+5,3% et +5,7%). Mais cette apparente bonne nouvelle n’en est pas une pour les pauvres, qui ne bénéficieraient pas de l’embellie, rapporte l’Inter Presse Service.

Pour Jan Rielaender, économiste à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et co-auteur du rapport, ce paradoxe entre pauvreté tenace et forte croissance perdure car l'argent ne coule pas à flots dans les secteurs où les personnes défavorisées travaillent. C'est le cas par exemple de l’activité extractive. Environ 75% des investissements étrangers se sont concentrés dans les pays riches en pétrole et en minerais. Selon le rapport 2011 des Perspectives économiques en Afrique, la hausse des prix de l’essence et des minerais a énormément joué pour les pays africains qui enregistrent un décollage économique entre 1996 et 2008.

Mais la bonne santé de ces Etats rentiers ne favorisent en rien la bonne santé de la population. Le Nigeria produit 2.211 millions de barils par jour, mais environ 40% des habitants vit en situation de pauvreté extrême. La croissance des activités pétrolières ou minières et la réduction de la pauvreté paraissent insolubles:

«Les pays exportateurs de pétrole ou de minerais à forte croissance ont peu d’impact sur la baisse de la pauvreté et inversement; s’ils réduisent fortement la misère, ils enregistrent une faible croissance», explique le rapport.

Si ces activités ne favorisent pas l’économie inclusive (PDF), mieux vaut alors se diversifier:

«Les gouvernements africains (devraient) concentrer leurs efforts immédiats sur la création d’emplois, les services sociaux élémentaires et sur l’égalité homme-femme.»

Cette diversification engrangerait des bénéfices sur le long terme. Se concentrer seulement sur le secteur pétrolier et minier est d’autant plus risqué qu’il est soumis à la fluctuation des prix. Le Ghana et l’Ethiopie, les nouveaux «lions» de l’Afrique, l’ont bien compris. L’économie du Ghana repose sur le pétrole et l’or, mais aussi sur le cacao, dont il est le deuxième exportateur mondial. Quant à l’Ethiopie, le pays enregistre un taux de croissance de 9% en 2010, propulsé par le secteur agricole, qui fait vivre 85% de la population.

Lu sur IPS, Global Issues, The Global Post