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Une neutralité sujette à caution

La complexité du système politique en Algérie renvoie au poids qu'a toujours occupé l'armée dans la gestion des affaires politiques et économiques du pays. Appelé pouvoir de l'ombre ou les vrais décideurs, les très hauts gradés de l'institution militaire, notamment ceux appartenant au corps du renseignement, ont de tout temps été assimilés au vrai centre du pouvoir. La prise d'Alger en 1962 par l'état-major général avait déjà posé les jalons d'un régime qui, jusqu'à aujourd'hui, reste tributaire de la volonté de l'armée. Du colonel Boumediène qui dirigeait dans les coulisses du temps de Ben Bella puis son accession à la magistrature suprême via un putsch,  au colonel Chadli qui lui succéda, jusqu'à 1992 où il fut démis par décision du pouvoir militaire, en passant par la période charnière des années 1990, où l'armée pesa de tout son poids sur la gestion des affaires, jusqu'à l'installation du général Liamine Zeroual comme Président en 1995, l'implication de hauts gradés de l'armée dans le politique est plus qu'avérée. Sous l'ère Bouteflika, beaucoup ont juré la fin de ces «15 généraux» qui faisaient la pluie et le beau temps en Algérie, après qu'il en exprima la menace dans un de ses discours lors de son tout premier mandat. Mais c'était oublier que ce sont ces mêmes militaires qui ont béni sa venue et même mené jusqu'au bout son accession au pouvoir. Ayant participé à la naissance de ce système, Bouteflika sait que pour ne pas être un trois quarts de Président, il lui fallait avoir un contrôle sur l'appareil militaire, vrai garant de la pérennité du chef du moment. Il plaça alors ses propres hommes dans la grande institution et mit à la retraite de hauts gradés. Mais est-ce à dire qu'il a pu avoir tout le contrôle ? Pas si sûr. Les scandales financiers éclatés depuis 2010, touchant essentiellement les proches du clan présidentiel, ont vite fait de prouver que l'armée n'a pas perdu de son poids, notamment la Direction du renseignement et la sécurité qui s'est chargée de mener les enquêtes sur ces affaires. Ces scandales ont concomitamment été accompagnés de sorties médiatiques «d'anciens» militaires ne manquant pas de tirer sur la gestion «bouteflikienne» des affaires du pays. Aujourd'hui, alors que l'on parle de succession et de période de transition, ces mêmes anciens militaires proposent une option tout aussi militaire pour mener la période de passage de l'ère Bouteflika à une autre ère. Ils proposent le retour du général Zeroual aux affaires, accréditant par là que la transition ne doit pas sortir du contrôle de l'armée. Ces sorties répétées du nom de Zeroual de la bouche de militaires ne peuvent que jeter le doute sur l'énoncé du communiqué du ministère de la Défense nationale dans sa réponse à Mechati, affirmant que l'armée ne s'impliquera pas dans les affaires politiques.  

El Watan

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