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Rencontre gouvernement – populations de la région du Centre : A la recherche d'avis pour la prise de mesures « justes »

La maison du peuple de Ouagadougou a encore fait son plein ce 22 juin 2013, à l'appel du gouvernement pour des échanges directs avec les populations de la région du Centre. Au présidium, les ministres Assimi Kouanda et Arthur Kanfando, entourés du maire de la commune de Ouagadougou, du gouverneur de la région du Centre et du haut-commissaire de la province du Kadiogo. Et à l'ordre du jour, le Sénat, la vie chère et les négociations gouvernement/ syndicats.

Il était 9h30 lorsque le ministre du commerce, de l'industrie et de l'artisanat, Arthur Kafando annonçait l'ouverture de la séance que prendra en cours le ministre d'Etat, ministre chargé de mission auprès de la présidence du Faso, Assimi Kouanda. A ce dernier, est revenu, sans doute du fait de sa prééminence au présidium du jour, la charge de diriger les échanges.

Mais après une courte adresse aux populations qu'il a remerciées pour être sorties massivement, Assimi Kouanda s'est retiré pour revenir environ deux heures après, trouver une salle à moitié vide et où ses proches collaborateurs du jour, visiblement, en avaient déjà assez des interventions.

Des gens en avaient gros sur le c½ur

En plus des points inscrits à l'ordre du jour, des préoccupations relevant d'autres matières ont été exprimées, souvent avec une cruauté surprenante. Les populations semblent avoir compris que l'occasion était belle pour dire « toutes les vérités ». Dans la foulée, lance un intervenant « devant la vérité, tout compromis devient compromission », avant d'avancer dans ce qui, selon lui, n'est que vérité. En effet, la vie chère dans toutes ses dimensions, la prise en charge sanitaire, les préoccupations particulières de la jeunesse, les frais de parking et d'hydrocarbure, les lotissements dont la reprise a été annoncée par le gouvernement, le Sénat (qui semble pècher par son coût à l'analyse des réactions des uns et des autres), toutes ces matières ont été abordées par les intervenants.

L'argent qu'on mettra dans le Sénat pourrait servir à améliorer la prise en charge à l'hôpital yalgado, « car ceux qui iront siéger au Sénat, sont ceux-là qui doivent être en bonne santé », ou à régler les problèmes à l'université de Ouagadougou, a-t-on entendu de façon récurrente au cours des interventions. Mais du côté du gouvernement, l'argument de la place de cette institution dans l'organigramme de notre démocratie, est ce qu'il y a de plus important. En effet, après avoir indiqué qu'il « n'y a pas d'arbitrage à faire entre le Sénat et la vie chère », le ministre Arthur Kafando précise que le Sénat est « une institution de la République qui est importante en ce sens que cela va contribuer à renforcer la démocratie ».

Argument qui ne semble pas convaincre certains participants à l'exercice du jour et qui voient dans le Sénat, plutôt « le perroquet du Parlement » en ce sens qu'il n'a pratiquement pas d'attributions propres lui permettant de se distinguer véritablement de l'Assemblée nationale, notamment à travers son rôle.

En tout cas l'exercice du jour, qui a pris fin autour de 13h30, aura été riche d'enseignements aussi bien pour le gouvernement que pour les autorités communales de la province du Kadiogo. C'est du moins, ce qui ressort de l'appréciation du ministre Arthur Kafando. « Je pense que l'exercice de ce matin nous a permis de percevoir un certain nombre de choses ; et nous allons rendre compte à son excellence monsieur le Premier ministre pour prendre les mesures qui s'imposent », a-t-il laissé entendre.

Fulbert Paré

Lefaso.net

Ils sont revenus sur leurs préoccupations

Aimée Ilboudo : Ma première préoccupation, c'est l'effectif des membres du Sénat qui est de 39 pour les collectivités territoriales. Ma proposition c'est de revoir cet effectif pour minimiser le coût, compte tenu du niveau de vie qui est assez faible. Ce qui permettra de réduire la pauvreté au Burkina Faso.

Ma deuxième préoccupation concerne les parkings. C'est la hausse du prix de parking de 50 à 100 FCFA. Et ce qui équerrant, c'est la situation au niveau de l'hôpital yalgado où des malades qui ne peuvent même pas payer leurs ordonnances, sont obligés de payer le parking à 100F. Il en est de même pour les étudiants et chômeurs qui, à la recherche de l'emploi se retrouvent à garer dans plus de cinq parkings dans la journée.

Je pense que monsieur le maire a pris en compte ma préoccupation ; et concernant le parking, il saura quoi faire. Pour l'effectif du Sénat, le gouvernement s'en chargera. Au lieu de 39, moi j'aurais proposé 30, pour réduire vraiment le coût parce que le niveau de vie de la majorité des burkinabè est vraiment lamentable.

Ouédraogo Romuald : Je pense personnellement que les actions du gouvernement doivent être recentrées d'abord, vers une meilleure prise en charge de la jeunesse burkinabè. Mais on se rend compte que ce qu'ils sont en train de faire, laisse la jeunesse de côté puisque les mesures qui ont été prises récemment le sont au niveau institutionnel ; et rien n'est fait pour booster l'avenir de la jeunesse burkinabè.

Particulièrement, je pense que la mesure concernant l'adoption du Sénat au Burkina Faso, n'est pas la bienvenue. Tout simplement parce que le Sénat viendra mimer les attributions de la chambre des représentants qui existait. En effet, selon l'article 84 de la Constitution, le Sénat et l'Assemblée nationale auront l'initiative de la loi, pourront également consentir l'impôt et contrôler l'action gouvernementale. Et au niveau de l'article 112 de cette même Constitution, on remarque que le Sénat et l'Assemblée nationale s'exprimeront successivement ; donc le Sénat après l'Assemblée. Cela montre qu'il y a une justice à deux vitesses. Il y aura l'adoption des lois à deux vitesses, alors que cela devait simultané.

Un autre problème se situant à ce niveau, c'est que lorsque le Sénat va se prononcer sur un texte et que son avis sera conforme à celui de l'Assemblée nationale, il sera adopté par cette dernière. Et lors que cet avis est contraire à celui de l'Assemblée nationale, le dernier mot revient à l'Assemblée nationale. Cela signifie que le Sénat sera le succédané de la chambre des représentants, puis qu'il n'a pas d'attributions propres en dehors du fait que son président doit assurer l'intérim en cas de vacance à la présidence du Faso.

Je vais plus loin en faisant allusion toujours à l'article 112 de la Constitution. On se rend compte que le Sénat n'a l'initiative des lois qu'en matière des instances représentatives des burkinabè de l'étranger et en ce qui concerne les Collectivités territoriales ; alors qu'on sait qu'en ces matières, les lois ne sont pas aussi nombreuses que ça. Ce qui signifie que le Sénat n'aura rien à faire en tant que tel.

Concrètement, je veux qu'on aide les jeunes à s'autonomiser. Je veux que les révisons qui seront entreprises dans ce pays, toujours bien entendu dans l'élan de satisfaire les burkinabè, placent la jeunesse au centre même des activités. Nous sommes en train de faire des assises ; mais on se rend qu'à ces assises, les jeunes n'ont pas pu émettre leur avis, et même les occasions au cours desquelles ils émettent leurs avis, ces avis ne sont jamais suivis d'effet, étant donné qu'il n'y a aucune force contraignante qui encadre leur prise en compte. Je veux que les avis de la population, surtout de la jeunesse, soient pris en compte puis que nous constituons l'avenir de ce pays.

Mouni Ouédraogo : Moi j'apprécie bien l'initiative de ce jour. Mais il faut reconnaître qu'ils ont mis un peu de retard par rapport au Sénat dont ils ont parlé. Au départ, avant même de mettre ça en marche, ils devraient faire une sensibilisation pour que les gens puissent savoir qu'il y aura un Sénat. En ce moment, les gens vont donner au moins leur avis.

Moi je suis d'accord avec le Sénat, si en réalité ce Sénat va jouer son rôle. Si c'est un Sénat qu'ils vont manipuler encore, ou qui sera sous l'influence d'occidentaux, d'européens, je pense que ce n'est pas la peine de le mettre en place. Il faut un Sénat qui doit se battre pour la jeunesse, pour le peuple.

Propos recueillis par Fulbert Paré

Le Faso

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