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Nelson Mandela, Houghton, Afrique du Sud, avril 2009 / Reuters
Nelson Mandela, Houghton, Afrique du Sud, avril 2009 / Reuters

Mandela: les nouvelles n'ont jamais été aussi mauvaises

L'état du Prix Nobel de la paix est «critique», a annoncé la présidence sud-africaine.

L'état de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, hospitalisé depuis seize jours pour une infection pulmonaire à l'âge de 94 ans, est désormais "critique" depuis vingt-quatre heures, a annoncé la présidence dimanche soir.

"L'état de l'ancien président Nelson Mandela, qui est toujours à l'hôpital à Pretoria, est devenu critique", a-t-elle écrit, appelant "la nation et le monde à prier pour lui". Les nouvelles du héros national n'ont jamais été aussi mauvaises.

Le président Jacob Zuma, le vice-président de l'ANC --le parti au pouvoir-- Cyril Ramaphosa et Graça Machel, l'épouse de M. Mandela, se sont rencontrés à l'hôpital dimanche soir pour discuter de la situation.

"Les médecins font tout leur possible pour que son état s'améliore et font en sorte que Madiba soit bien traité et qu'il soit bien. Il est entre de bonnes mains", a déclaré M. Zuma, utilisant son nom de clan adopté affectueusement par de nombreux Sud-Africains.

Brisant une semaine de silence, la présidence avait dit samedi qu'il était "dans un état sérieux mais stable", après que la chaine de télévision américaine CBS eut rapporté que la situation était sans doute beaucoup plus grave que ne le laissaient entendre les rares communiqués officiels.

Les dernières nouvelles données par M. Zuma, qui remontaient au 16 juin, faisaient état de "progrès".

Mais selon CBS, qui répète que Nelson Mandela a dû être "ressuscité" à son arrivée à l'hôpital, son foie et ses reins ne fonctionneraient qu'à 50%, il "ne réagit plus" et "n'a pas ouvert les yeux depuis des jours".

La présidence a en outre répété dimanche que la panne de l'ambulance qui conduisait le héros de la lutte anti-apartheid à l'hôpital, aux premières heures du 8 juin, le laissant pendant quarante minutes au bord de l'autoroute, n'avait pas aggravé son état.

Alors que le pays s'était beaucoup inquiété dans les jours qui ont suivi cette dernière hospitalisation, résigné à sa mort prochaine, un certain optimiste était revenu la semaine dernière après que M. Zuma eut indiqué qu'il allait mieux. 

Et la quasi totalité des envoyés spéciaux dépêchés par les médias du monde entier sont rentrés chez eux, alors qu'on commençait même à évoquer une sortie de l'hôpital.

L'ex-président Thabo Mbeki, proche des Mandela, avait encore dit jeudi soir que son illustre prédécesseur n'allait "pas mourir demain". "Nous devons vraiment avoir confiance: nous l'avons encore avec nous, et il va rester avec nous", avait-il ajouté dans une interview.

Nelson Mandela doit fêter ses 95 ans le 18 juillet, une journée désormais reconnue par l'ONU pendant laquelle les citoyens du monde sont appelés à faire une bonne action en son honneur.

Toute l'Afrique du Sud le sait désormais très affaibli et les dernières images diffusées fin avril, lors d'une visite de responsables de l'ANC à son domicile de Johannesburg, le montraient l'air complètement absent.

Il a été hospitalisé quatre fois depuis décembre, à chaque fois pour des récidives d'infections pulmonaires. 

Ses problèmes pulmonaires à répétition sont probablement liées aux séquelles d'une tuberculose contractée pendant son séjour sur l'île-prison de Robben Island, au large du Cap, où il a passé dix-huit de ses vingt-sept années de détention dans les geôles du régime raciste de l'apartheid.

Libéré en 1990, il a reçu en 1993 le prix Nobel de la paix pour avoir su mener à bien les négociations en vue d'installer une démocratie multiraciale en Afrique du Sud, conjointement avec le dernier président du régime de l'apartheid, Frederik de Klerk.

Mandela a été de 1994 à 1999 le premier président noir de son pays, un dirigeant de consensus qui a su gagner le coeur de la minorité blanche dont il avait combattu la mainmise sur le pouvoir.

Il n'est plus apparu en public depuis la finale de la Coupe du monde de football, en juillet 2010 à Johannesburg.

AFP

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