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2nd matinée du Forum d’Essaouira : La jeunesse pour la politique mais autrement

La deuxième matinée de débats du Forum d'Essaouira sur la thématique « Sociétés en mouvement, jeunesses du Monde » a été marquée par une grande richesse des échanges. L'éminent politologue Mohamed Tozy a introduit la séance et a rappelé que si « les jeunes ont beaucoup de difficultés à s'imposer politiquement, historiquement, le premier gouvernement de l'indépendance marocain avait une moyenne d'âge de 32 ans ».

Le Président de la Chambre des représentants, Karim Ghellab, quant à lui, a expliqué que « malgré les changements constitutionnels, la jeunesse est loin d'avoir l'attention et la place qu'elle mérite. Il est possible de faire selon elle de la politique autrement et il faut suivre ces nouveaux modalités d'action politique ». Il rappelle que « les changements qu'a connu le Maroc ces dernières années sont le fait de la jeunesse, il le doit à son impulsion ».

Madame Ouidade Melhaf, membre active du 20 Février, a expliqué la genèse du mouvement, sa récupération par des forces contradictoires et la désillusion qui s'en est suivie. Elle explique également que « les Marocains ont eu peur du scénario tunisien ou libyen » mais, ont suffisamment soutenu le mouvement pour générer des résultats concrets pour le pays. Le bloggeur Mounir Bensalah, auteur d'un ouvrage sur les Printemps arabes et les réseaux sociaux, a développé l'idée que « la jeunesse ne rejette pas la politique mais la manière dont elle est pratiquée et que le 20 Février a été salutaire parce que c'était un exercice démocratique inédit ».

Le Sénateur et conseiller communal de la ville de Liège, Hassan Bousetta a témoigné de « l'optimisme ambiant et des transformations structurelles que connaît le pays et la société marocaine et partant sa jeunesse ».  Il a rappelé néanmoins, que « l'émigration fait partie de la réalité de la jeunesse marocaine depuis des décennies. Les jeunes ont voté longtemps avec leurs pieds ». Le second panel a été ouvert par l'exposé brillant de Mme Raja Benslama, universitaire et psychanalyste tunisienne qui a transmis à la salle des enseignements profonds sur la situation réelle de la Tunisie actuelle.

Elle a rappelé que les révolutions sont nées de « jeunes qui font de la politique à travers la culture et qui ont négociés les lignes rouges qui leurs étaient imposées ». Pascal Blanchard, historien et chercheur au CNRS français a insisté sur l'importance de l'éducation sur l'altérité pour déconstruire les paradigmes issus de l'Histoire et qui font encore les schémas mentaux actuels. “La jeunesse est essentielle dans ce processus pour digérer les codes de demain”. Enfin, l'ancien footballeur Lilian Thuram, investi depuis dans sa fondation contre le racisme, a conclu cette matinée d'échanges et de débats en affirmant « qu'il faut amener la jeunesse à comprendre que l'autre c'est lui-même ».

 

Zouhair Yata

La Nouvelle Tribune

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