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L’arbre à Palabres : Engagement, origine et musicalité

Pour ce second rendez-vous de l'Arbre à Palabres sur le toit de  l'Association Franco-Marocaine d'Essaouira, les hôtes ont préparé l'arrivée des convives, artistes et touristes avec beaucoup d'attention, tant au niveau du confort que de la programmation. Cette fois, le public a eu la chance de rencontrer le virtuose cubain Omar Sosa, l'immense Maalem Guinea, le sage Mohammed Baaiya et l'électron libre Momo, du Festival L'Boulevart.

Ce second jour de festival a vu une affluence accrue dans la ville blanche, et c'est sur un «roof top» plein à craquer que des jeunes et moins jeunes, marocains et étrangers, et femmes et hommes se sont retrouvés autour de fusions musicales aussi magiques qu'hypnotiques.

 

Le Maalem Baaiya a ouvert le bal avec ses apprentis, qui le suivent depuis leur tout jeune âge et qu'il forme assidument. Entre deux chansons, l'artiste nous a raconté avec émotion son parcours, et nous a conté avec nostalgie cette période du début de Ramadan, qui lui rappelle l'époque à laquelle il quitta le foyer familial pour s'adonner à sa passion. Près de lui se sont installés quelques minutes plus tard Moulay Tahar et Paco Ghiwane, qui ont  improvisé un petit «buff» musicale autour du bruit des castagnettes.

 

Omar Sosa leur a succédé, et a illuminé les lieus de son sourire, son accent, et ses mélodies uniques. Omar nous a raconté les péripéties qu'il a vécues à Essaouira, et comment il a raté son vol pour être présent avec nous, en enchainant sur un morceau très jazzy.  Pour finir en apothéose, le Maalem Guinea a fait la surprise de sa présence à son homologue cubain qui, ravi, lui a laissé son siège en déclarant : «L'élève fait place au maître». Emanuelle Honorin, la maitresse de cérémonie, est revenue sur l'amour de l'artiste pour le Gembri et la percussion. L'originaire de Camagüey a rétorqué que le Maalem et lui ont un seul amour, un seul lien, une seule colonne vertébrale : l'Afrique. Le continent noir est une source d'inspiration inépuisable pour ces deux artistes. Omar Sosa a d'ailleurs confié qu'il perçoit énormément de ressemblance entre les Rombaras cubains et les Gnaouas : la danse et la transe, ou encore les instruments et le tempo des percussions.

 

L'artiste a envoûté l'audience par sa science, puis a laissé place à Mohamed Merhari, alias Momo, l'une des figures les plus actives de la scène musicale alternative actuelle.

Initiateur du festival L'Boulevart, qui a invité durant plusieurs années des «pointures» de la musique comme Birdy NamNam, Chinese Man, ou encore Sepultura, le fondateur du mouvement alternatif «Nayda» a expliqué aux spectateurs l'évolution de la musique engagée au Maroc. Il a montré comment, à travers les âges, la musique a réussi à créer des mouvements, plus ou moins cohérents, pour devenir plus engagés. Il est revenu sur les effets du Mouvement du 20 février sur la création et la créativité musicale de certains groupes, et les raisons qui font que le Maroc part avec un retard en termes de politique culturelle. Ce fut une mise en perspective assez réaliste de la part de ce jeune militant engagé, qui redonne espoir à une jeunesse peu politisée, et nous met face à nos responsabilités pour la préservation de notre patrimoine culturelle, si riche et enviable.

 

HM

La Nouvelle Tribune

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