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Les travaux pourraient commencer dans «un ou deux mois»

Le projet tant réclamé par la population se heurte à des obstacles à peine quelques semaines après son lancement officiel. Deux écueils retardent encore le lancement effectif des travaux de la fameuse pénétrante de Béjaïa qui a fait couler tant d'encre et dont le projet a été confié de gré à gré au groupement algéro-chinois, CRCC-Sapta. Il s'agit de la rareté d'assiettes de terrain devant accueillir les bases-vie et les bases techniques des Chinois ainsi que des procédures d'accueil de ces mêmes expatriés chinois. C'est ce que nous avons appris auprès du directeur des travaux publics de la wilaya de Béjaïa, Rachid Ourabah. «Pour commencer les travaux proprement dits, il faudrait que le groupement chinois CRCC-Sapta soit installé. Avec la rareté du foncier à Béjaïa, ce n'est pas facile de trouver des terrains pour les bases-vie», dira M. Ourabah qui tient à préciser qu'une bonne partie du matériel acheminé par les Chinois pour le lancement des travaux se trouve toujours stationné à l'endroit où le Premier ministre a donné le coup d'envoi des travaux de la pénétrante, le 27 avril dernier. «Les procédures d'accueil des expatriés chinois devant travailler sur ce projet prennent beaucoup de temps, mais elles sont en cours», précise notre interlocuteur. La raison en est que le marché, consenti de gré à gré, n'est pas encore passé. La procédure relative aux expatriés exige un statut et un registre de commerce qui est lui-même subordonné à un marché. Le marché n'existant pas encore, le registre du commerce ne peut pas être établi. «Cela n'est pas une contrainte majeure. C'est un marché de gré à gré et ils ont instruction de commencer les travaux. La seule chose qui retarde encore les travaux, ce sont les terrains pour installer les bases du groupement CCRC-Sapta», affirme M. Ourabah. N'empêche que les autorités auraient pris toutes les dispositions nécessaires pour faire venir les Chinois à Béjaïa. La procédure est donc lancée avec l'aide du ministère du Travail et du directeur de l'emploi local. «Dans les tout prochains jours, nous pourrons installer les Chinois sur les terrains qui ont été choisis à cet effet», nous a précisé M. Ourabah. Il faut néanmoins préciser que, parallèlement à la main-d'½uvre chinoise, il y aura un recrutement sur place au niveau de la wilaya de Béjaïa. Sur le plan technique, les Chinois ont mis en place une organisation de quatre groupements indépendants, autonomes en hommes et en matériel, qui auront chacun une section d'autoroute à réaliser et qui vont travailler 24 sur 24. Pour peu que les terrains soient disponibles, il est prévu une installation de chantier tous les six kilomètres. Il y aura les bases techniques et les bases-vie. En clair, ce sont les 100 km de la pénétrante en entier qui seront en travaux. Il reste à coordonner avec les services des Domaines, de l'hydraulique et de l'agriculture pour répertorier les terrains nécessaires à l'installation des chantiers. «Les travaux seront lancés sur toute la longueur de la pénétrante avec près de 15 ou 16 chantiers», affirme le premier responsable de la DTP de Béjaïa. Les experts géomètres sont également à pied d'½uvre pour établir des plans aussi bien pour les installations des chantiers chinois que pour l'expropriation des biens pour les 86 km qui se trouvent dans la wilaya de Béjaïa. Les Chinois ont déjà contacté les responsables de toutes les carrières d'agrégats de la région ainsi que les importateurs de ferraille et ils se préparent à signer les contrats nécessaires pour les besoins du chantier. Il est possible qu'ils travaillent en partenariat avec certaines carrières en y apportant leur matériel. D'autres défis techniques se posent également avec une certaine acuité : il faudrait trouver un million de mètres cubes d'agrégats par an et de la place pour stocker 30 millions de mètres cubes de remblais. Selon nos interlocuteurs, si toutes les contraintes sont levées, les travaux pourraient débuter d'ici un ou deux mois. Les délais de réalisation sont de 36 mois. Ainsi, les autorités du pays ont déjà demandé aux Chinois de faire un effort pour baisser ce délai à 30 mois. Pour finir, le DTP a évoqué la possibilité du dédoublement de la ville d'Akbou devenue aujourd'hui un véritable goulot d'étranglement sur la RN26. Une ancienne étude d'urbanisme prévoyant le dédoublement de l'agglomération a été remise au goût du jour. Ce projet qui nécessite une enveloppe de 100 milliards de centimes serait aujourd'hui possible étant donné que l'APC d'Akbou s'est déjà engagée à verser 20 milliards de centimes. «Nous allons demander l'inscription du projet de la traversée d'Akbou sur le fonds routier au niveau du ministère», précise M. Ourabah. «L'idéal serait de prioriser certains axes pour diminuer un tant soit peu la tension sur certains points névralgiques comme Akbou, peut être même ouvrir des sections d'autoroute à la circulation dans un sens quand cela est possible», ajoute-t-il. D'ici là, les automobilistes empruntant le couloir de la Soummam doivent encore s'armer de patience pour affronter les kilomètres de bouchons qui sont leur lot quotidien.  

El Watan

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