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«Il ne faut pas attendre que les autorisations soient données»

- Où en est le fonctionnement des radios tunisiennes ?   Cela n'à rien avoir avec l'époque de Ben Ali. C'est le grand boom actuellement. Ce sont des radios professionnelles, assez critiques à l'égard du pouvoir. C'est pour cela que les islamistes essayent par tous les moyens de créer un cadre juridique pour les censurer et les arrêter. Ils veulent que cette instance soit issue d'élection au niveau du Parlement pour qu'elle dépende directement du parti majoritaire. On n'accepte pas cela, car cette instance va devenir une autorité proche du pouvoir. C'est une autorité qui vient de se mettre en place il y a une dizaine de jours. On a négocié pendant une année et demie à propos des personnes qui vont faire partie de cette haute autorité. Au niveau de la Constitution, ils veulent tout remettre en cause, notamment l'article 124 spécifique : la haute autorité doit être élue par le futur Parlement. Nous exigeons l'application de critères internationaux. Généralement, ce genre d'autorité est représentée par des associations, des syndicats, des médias et des radios et de télévision. Et le président de cette autorité est désigné par le président de la République. Il y a un certain équilibre. Pour le moment, on a réussi à le faire, mais on ne sait pas jusqu'à quand. - Dans quelles conditions cette chaîne de radio privée a-t-elle été créée ?   Le pouvoir de manière générale et le pouvoir politique n'étaient pas très chauds pour autoriser des radios et des médias critiques. C'est tout à fait naturel. C'est un droit qu'il faut exiger et ne pas attendre à ce qu'il soit donné. La création de notre chaîne est un travail de plusieurs années. En 2005, on a créé le Syndicat tunisien des radios libres et, en 2007, on a lancé le projet de radio sur le web. Celle-ci était, dès le départ, une radio qui embêtait le pouvoir. Ce dernier a bloqué notre site une ou deux semaine après sa création. Après, ils ont commencé à filer tout le monde. Ils ont mis une équipe de surveillance policière devant le siège de la radio et à sélectionner les gens qui pouvaient passer ou ne pouvaient pas passer. - Quel était le contenu de votre radio ?   On disait que c'est la voix des sans-voix, une chaîne qui donnait la parole à ceux qui voulaient s'exprimer. On n'était pas issus d'un parti politique ou proches d'un courant. Il n'y a pas mal de personnes qui sont venues chez nous et qui sont actuellement au sommet de l'Etat, à savoir le président de la Constituante, Mustapha Ben Djaffar, Hamma Hemmami, porte-parole du Parti communiste et le président Marzouki. On faisait des enregistrements qu'on passait directement à la radio. Les gens qui ne pouvaient pas se déplacer, on les contactait à l'extérieur. On donnait aussi la parole à la Ligue des droits de l'homme, aux femmes démocrates et à de simples citoyens. Mais les gens avaient peur. Seulement les activistes pouvaient venir et s'exprimer sans crainte.  

El Watan

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