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Le mouvement associatif plaide pour l’ouverture des radios libres

L'ouverture du champ audiovisuel est une chimère, selon les représentants des associations ayant organisé un séminaire sur le sujet, jeudi dernier. Si vous vous attendez à ce que les autorités changent de discours, vous risquez d'attendre le prochain siècle.» Tels sont les propos tenus par Salah Fourti, secrétaire général des syndicats tunisiens des radios libres à l'adresse des participants au débat organisé par le mouvement associatif en Algérie sur l'ouverture du champ audiovisuel. Cette rencontre de deux jours, ayant débuté jeudi, a vu la participation de nombreux experts dans le domaine des médias et des militants du mouvement associatif. Tous les intervenants étaient d'accord sur un point : l'ouverture du champ audiovisuel en Algérie n'est pas pour demain et sans la mobilisation de la société civile, le pouvoir maintiendrait cette attitude. Si les associations, telles que RAJ, CLA, LADDH, FEC et Tharwa n'Fatma n'Soumer, plaident pour le droit à la création des radios associatives, les autres intervenants estiment que cette revendication s'inscrit dans un cadre global qui est celui de l'ouverture du champ de l'audiovisuel. C'est en tout cas la nature des médias lourds qui fait traîner le projet. «Il y aura la révolution de la radio grâce à internet. Cela va être un véritable tsunami. Aucun organisme de répression ne pourra les arrêter», affirme Belkacem Ahcene-Djabalah, expert en communication. Pour sa part, Belkacem Mustefaï, professeur en audiovisuel à l'université d'Alger, interprète le retard qu'accuse la promulgation de la loi sur l'audiovisuel «comme un élément qui indique combien les pouvoirs publics sont réfractaires aux médias libres : télé et radio». Au cours de cette première rencontre de la société civile, soutenue par Community Media Solutions du Royaume-Uni et le réseau Aswatouna, une problématique majeure a été dégagée : faut-il attendre la loi sur l'audiovisuel pour créer des chaînes de radio libre ou bien utiliser les moyens qui sont actuellement à la disposition de ces associations, à savoir le web pour amener les autorités à promulguer une loi pour réguler cette activité ? Le web comme seul moyen de contourner l'état actuel    «La liberté de la presse écrite est venue après Octobre 1988. C'est la prochaine avancée politique qui apportera cette possibilité de l'ouverture audiovisuelle. Est-ce qu'on peut attendre cette ouverture politique et ne rien faire ?», s'interroge El Kadi Ihsane, directeur de web radio Maghreb Emergent. «Il y a une autre révolution qui nous permet de faire une grande avancée. La révolution numérique ouvre des possibilités de contournement extraordinaires», affirme El Kadi Ihsane qui s'est appuyé sur l'expérience des jeunes de Kasserine lors de la révolution de Tunisie. «Tous ceux qui ont quelque chose à dire peuvent s'organiser pour le faire avec un minimum de moyens par le web», plaide-t-il. «Il y a un retard terrible, il n'y a pas de 3 G en Algérie. Nous sommes dans une configuration politique et technologique qui gêne cette révolution des radios», déplore El Kadi Ihsane avant d'ajouter : «L'initiative d'aujourd'hui va laisser sa trace. Le destin des radios commerciales est rattaché à l'énergie que dégage le mouvement associatif.» Maître Bouchachi, qui a passé au crible la loi sur l'information et son application depuis 1990 jusqu'à 2012, n'a pas affiché tout cet enthousiasme. «La loi qui va venir dans l'optique des institutions existantes ne peut être qu'un moyen pour légiférer la réalité qui prévaut actuellement. Car toutes les institutions travaillent en dehors de la loi», dénonce l'ex-président de la Ligue des droits de l'homme (LADDH). «Pour le bien de ce pays, il n'est pas possible de promulguer une loi dans cette période. Le Parlement est une institution de décor. Et les députés ne sont pas les députés du peuple mais ceux des partis politiques. Ces derniers sont au service du pouvoir en place», estime le député du FFS. Ce dernier poursuit son réquisitoire : «Dans l'optique de ces institutions décoratives, je souhaite qu'il n'y ait pas de loi à l'instar des lois discutées au sein de Parlement l'année dernière.»

El Watan

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