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Mozambique : des embuscades réveillent le spectre de la guerre civile

Maputo (AFP)

Trois embuscades meurtrières ont réveillé vendredi le spectre de la guerre civile au Mozambique, l'ex-guérilla de la Renamo ayant mis ses menaces à exécution en attaquant des véhicules sur un grand axe routier vendredi, faisant deux morts et cinq blessés.

La Renamo, qui a déposé les armes en 1992 et siège depuis au Parlement comme principal parti d'opposition, reproche au gouvernement du Frelimo d'accaparer les richesses du pays.

Alors que son chef historique Afonso Dhlakama a repris le maquis depuis l'an dernier, l'organisation avait annoncé mercredi qu'elle bloquerait la principale route nationale du Mozambique, et mettrait hors service une voie ferrée essentielle à l'exportation du charbon.

Plusieurs véhicules ont été victimes d'embuscades vendredi matin sur un tronçon de la route nationale EN1 désigné comme cible par l'ancienne guérilla, dans la province de Sofala (centre).

Ces trois attaques contre deux camions et un autocar ont fait au moins deux morts et cinq blessés, selon la police mozambicaine.

"Après son annonce de mercredi, la Renamo a attaqué des véhicules dans le district, faisant deux morts et cinq blessés et incendiant un camion", a déclaré Pedro Cossa, le porte-parole de la police nationale, lors d'une conférence de presse à Maputo.

"Nous pleurons les vies de deux civils, un chauffeur de camion et son assistant", a-t-il précisé.

De l'opposition politique à l'affrontement physique

Interrogé par l'AFP, le porte-parole de la Renamo Fernando Mzanga a refusé de revendiquer ces attaques.

Mais pour le policier Cossa, "la communication à la presse du 19 juin (mercredi) par le brigadier Jeronimo Malagueta a renforcé les conclusions des enquêtes menées par les forces de sécurité et de défense, qui rendent la Renamo responsable de ces actes barbares".

La police a d'ailleurs arrêté vendredi le chef de l'information de la Renamo Jeronimo Malageta.

C'est lui qui avait proféré les menaces mercredi, en déclarant : "La Renamo se positionnera pour arrêter la circulation des véhicules transportant des personnes et des biens, parce que le gouvernement utilise ces véhicules pour transporter des armes et des soldats en civil".

L'opposition politique tourne à l'affrontement physique depuis déjà plusieurs mois entre les deux camps, alors que des échéances électorales approchent.

Une fusillade a éclaté en avril entre Renamo et policiers à Muxungue, une ville proche du site des embuscades de vendredi.Des hommes armés portant des uniformes de l'ancienne guérilla ont tué trois civils dans un camion et blessé deux passagers d'un autocar quelques jours plus tard.

Et pas plus tard que lundi, des inconnus ont attaqué un dépôt d'armes proche du port de Beira, la capitale régionale, tuant sept soldats.

Dans les deux cas, le Frelimo au pouvoir a accusé la Renamo qui de son côté avait nié toute responsabilité.

Ces attaques sont aussi le résultat d'années de tensions entre Afonso Dhlakama avec le gouvernement dirigé par le Frelimo, l'ancien adversaire de la Renamo pendant la guerre civile qui a fait près d'un million de morts entre 1977 et 1995.

A l'époque, la Renamo, une guérilla créée de toutes pièces par la Rhodésie (actuel Zimbabwe) et l'Afrique du Sud de l'apartheid, combattait le Frelimo, le mouvement soutenu par le bloc communiste qui a arraché l'indépendance du Mozambique en 1975 contre le Portugal.

Depuis le retour de la paix, Frelimo et Renamo se sont retrouvés au Parlement.

Mais Dhlakama n'a cessé de perdre des voix aux élections.Il est de plus en plus marginalisé, de plus en plus aigri, et de plus en plus disposé à en découdre avec ses anciens ennemis.

Et ce, alors que les élus et les cadres du Frelimo profitent des retombées du boum économique du Mozambique grâce à la récente mise en production de vastes gisements de charbon - en attendant le gaz.

Les deux parties négocient depuis 2012 mais cela n'a rien donné et n'a fait qu'aviver les rancoeurs. La Renamo a directement réclamé une part des revenus des matières premières, ce dont le gouvernement ne veut pas entendre parler.

Africa n°1

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