mis à jour le

France : Le Qatar est allé trop loin ?

Par Ridha Ben Kacem

L'allié indéfectible de l'Occident, le porte-avion de l'Otant au golfe persique, la Voix de l'Amérique et de SATAN, le très Hautparleur du sionisme, dans le monde arabe, le défendeur, pour les autres et pas pour lui-même, des liberté et de la démocratie, le soutien à coup de centaines de milliards de dollars et d'Euros, des économies défaillantes de l'OCDE, le dernier rempart des éternelles valeurs judéo-chrétiennes, face à l'islam défaillant, mais pas au jihad wahhabite rampant, semble être allé trop loin, en finançant et en ouvrant un Bureau des Talibans à Doha, sous l'appellation de « Bureau politique de l’EMIRAT ISLAMIQUE d’Afghanistan». Le Qatar semble en effet, avoir fait le pas de trop, aux yeux d'une partie de l'Occident du moins.

Si pour l'Amérique, le Qatar n'a fait qu'obéir aux ordres, en donnant aux uns et surtout, aux autres, les talibans en l'occurrence, un lieu privilégié, pour abriter les négociations de la honte, celles qui permettront aux américains de rapatrier sans risque, leurs troupes au prix de l'abandon de 30 millions d'afghans, sacrifiés froidement, sur l'autel de la défaite, pour l'Europe un tantinet moins hypocrite, que la satanique Amérique, rien ne justifie l'existence, à quelques encablures de leurs frontières sud-est, de cette grossière vitrine du terrorisme triomphant, qu'ils combattent depuis des lustres, aux cotés des américains. Les dirigeants de cette Europe décidemment vieillissante, savent qu'ils risquent d'avoir des comptes à rendre à leurs citoyens, qui voyagent beaucoup au Qatar.

Il en est un de ces pays européens, qui croit qu'à lui seul, il résume et représente l'Europe, plus et mieux que tous les autres, et les autres aiment le laisser croire cela, tant que cela arrange leurs intérêts. La France est de tous les combats, qui ne servent qu'à enfoncer son économie au plus bas. Et c'est en France que le Qatar investit le plus. Mais, l'émirat n'est pas dans le c½ur des français, peut-être, à cause du fait qu'il était et qu'il reste un peu trop, dans celui de Nicolas Sarkozy. François Hollande, qui lui a succédé à l'Elysée, a ainsi, promis lors de la campagne électorale, de faire le contraire de ce qu'a fait le Nabot, et naïfs à leurs habitudes, les français l'on élu aux plus hautes fonctions. Depuis l'intervention militaire françaises au Mali, les français se sont bien rendus comptes que le NABOT et le BOUFFI, c'est moussa el Hajj et el Hajj moussa.

Ainsi, la semaine dernière le Nabot était à Doha, invité chez son ami, l'émir du Qatar. Qu'à cela ne tienne, le Bouffi ira lui aussi, à Doha et pas dans un an, pas dans mois, non, il y sera dès aujourd'hui, samedi 22 juin, et il s'attend à ce qu'on lui déroule le plus grand tapis rouge de l'histoire de la diplomatie mondiale, dans le passé, le présent et l'avenir et même, dans l'au-delà. Sa mission ? Faire mieux que son professeur pardon, son processeur, pardon son prédécesseur. Réservé vis-à-vis du Qatar, lors de la campagne électorale, François Hollande découvre depuis un an, l'ampleur de l'implication de l'émirat dans l'économie française. Il croyait réellement, que ses vielles recettes socialistes allaient sortir la France du marasme économique, hérité de la gestion chaotique du Nabot. En fait, sous sa houlette, la France est aujourd'hui, en récession économique et tous les clignotants sont au rouge foncé sinon prononcé. C'est que l'ami personnel de Nicolas, l’émir Cheikh Hamad Ibn Khalifa al-Thani a investit dans l'hexagone, la bagatelle somme de 15 milliards d'Euros et François Hollande n'a eu aucun riyal qatari.

Mieux, Sarko, pour les intimes qataris, a entrainé le Qatar dans l’intervention militaire de l'OTAN en Libye, et c'est l'émirat qui a tout payé, cash et rubis sur ongle, sans sourciller. Hollande n'a même pas pu entrainer la petite Hollande, dans son intervention au Mali. L'opération a couté 100 millions d'Euros au bas mot, mais probablement plus. Certains parlent de 200 million, voire 250 millions d'Euros, dépensés dans un contexte où l'euro est ébranlé, où l'argent se fait rare et où la dette publique française a atteint les 2564 milliards de dollars, soit 91,3% du PIB, alors que les chômeurs sont au nombre de 3 264 400, au mois d'avril dernier. Le chantre du scoliaste triomphant n'a d'autre choix, pour le moment, s'il veut éviter de s'adresser honteusement, au Fmi, que d'aller quémander de l'argent à la banque de la planète, celle où sévit le capitalisme le plus sauvage qu'on ait jamais connu. Mais le Hollande tient à préserver la manière et la forme, pour que le mot trahison ne fleurisse pas dans la presse et encore moins, sur la bouche de ses alliés, au sein du gouvernement.

S’il souhaite se démarquer de la « diplomatie de contrat » et de la personnalisation affichées, selon lui, par son prédécesseur, le Nabot, François Hollande entend toutefois, marquer la continuité des « excellents » rapports entre la France et le Qatar. « La continuité républicaine, vue de Doha fonctionne parfaitement », juge un homme d’affaires français, qui se rend régulièrement au Qatar, pour brasser des affaires et du vent. L’entourage de François Hollande abonde dans ce sens. « Le Qatar est un pays ami de la France, c’est peut-être un ami de Nicolas Sarkozy mais c’est surtout un ami de la France »,juge un conseiller de François Hollande. Joli, non ? La France opposée au Nabot ! Il n'y pas photo, évidemment. Ce sont donc, 65 millions de français qui, selon ce conseiller, ont embarqué aujourd'hui, à bord d'un SUPER Airbus A-380, à destination de Doha. Vous comprenez maintenant pourquoi le tapis rouge qui les accueillera à l'aéroport, battra tous les records, pour l'éternité ?

En attendant les retombées prochaines de cette grande opération de marketing politique, et malgré les milliards d’euros, investis dans l’Hexagone, le Qatar reste le mal aimé des français et les sommes colossales injectées dans le club de football de la capitale, le Paris Saint-Germain, ont parfois, été critiquées, par ces derniers, qui ne comprennent pas pourquoi l’émirat bénéficie d’une avantageuse convention fiscale, même s'ils ne sont pas au courant de ses méandres biscornues. Mais ce qui braque les français contre la Qatar, c'est l’intention de l'Emir, exprimée il y a plus d’un an, de créer un fonds d’investissement, à destination des banlieues, en France. Un projet qui avait été dénoncé comme une volonté de les islamiser. Peut-on en douter ? Pour mes lecteurs tunisiens, je rappelle que ces banlieues sont habitées entre autres, par les déracinés de chez nous. Voulez-vous, mes bons amis, que l'émir du Qatar les manipule, leur lave le cerveau et les renvoie, sous formes de torpilles aveugles, pour exploser, un peu partout, en Tunisie ? Dites OUI, pour une fois, et que le feu d'artifice commence.

Heureusement que la France n'a que moyennement apprécié. Non pas pour la beauté du geste, non pas par amitié pour les pays du Maghreb, mais, tout simplement, par crainte de voir certaines de ces futures torpilles hautement explosives, s'égarer en chemin et finir par exploser en France Métropolitaine. Mais attention, la France n'est pas en situation de refuser de l'argent d'où qu'il vienne. Elle en trop besoin, pour cela. « Il y a eu un certain nombre de polémiques, à la fois, sur la présence du Qatar en France, et sur sa politique étrangère. Le but de la visite du président de la République c’est de ramener un peu de sérénité dans tout cela »,tempère les ardeurs des optimistes, un de ses conseillers de François Hollande. Vous êtes curieux de savoir ce que va faire le Bouffi, pour avoir le beurre et l'argent du beure sans prendre le risque de voir une torpille exploser sous sa fenêtre, à l'Elysée ? Eh bien, ses experts lui ont concocté une recette du tonnerre, qui devrait exploser, pardon, marcher.

François Hollande proposera à l'émir du Qatar, que l’aide à destination des banlieues prenne la forme d’un fonds cofinancé à 50%, par la Caisse française des dépôts et qu'elle soit destinée exclusivement, aux PME, plutôt qu’à une zone géographique ou un public déterminé. L'idée géniale est de faire en sorte que le Qatar déjà, actionnaire de multinationales françaises, comme Total ou Veolia, continue à poursuivre ses investissements en France, mais si possible, au-delà des acquisitions de prestige comme les palaces ou de grands immeubles parisiens et en oubliant, en cours de route, ses projets islamistes, à destination des banlieues. L'idée pourrait trouver preneur au Qatar et si ce n'est l'émir, cela pourrait bien être son diable de fils, le prince héritier, Cheikh Tamim.

Oui, il ne faut pas l'oublier, le déplacement du président français au Qatar, intervient à un moment clé, dans la vie politique du Qatar, où une transition du pouvoir entre l’émir, Cheikh Hamad bin Khalifa al Thani, et son fils, le prince héritier Cheikh Tamim, est attendue, pour ne pas dire, carrément souhaitée. En fait elle est annoncée et tout le monde attend le dénouement. Au fait on attend quoi, là ? Que l'émirat se convertisse dans le mécénat humanitaire? Ou bien que le boulimique émir actuel, ait terminé d'acheter tout l'immobilier de valeur français ? « Ils veulent de l’immobilier, ils adorent l’immobilier, ils aiment encore l’immobilier et ils veulent encore plus d’immobilier »,déclare à ce propos, un homme d’affaires français, qui estime que l'actuel gouvernement français aimerait voir l’émirat investir davantage, dans des PME, que dans la pierre ou le béton. Il semble que de l'autre côté de la méditerranée, en apprécie de moins en moins, cette nouvelle forme de colonialisme qatari, à coup de pierre de taille parisienne.

Par contre, lorsqu'il s'agit du béton que l'on coule au Qatar, les français apprécient énormément. Ainsi, l’importante délégation de patrons français, qui accompagne François Hollande à Doha, tentera de profiter des grands appels d’offres, lancés dans le cadre de l'organisation de la Coupe du monde de football, de 2022, pour y couler le maximum de béton de marque Lafarge de préférence, car tout le monde sait que c'est ce qu'il y a de mieux. Les français sont si sûrs de remporter la mise, pour la construction des plus grandes installations sportives du monde, destinées aux deux millions d'habitants de ce pays, dont 10% de nationaux, qu'ils sont prêts à les remplir, pour dix ans à venir, de français rameutés à coup de milliers de charters. Oktob 3al 7out wou sayyeb fil b7ar.

Tout cela est bien beau. Mais que fait-on des dossiers qui fâchent ? Non, je ne parle pas des torpilles humaines des banlieues françaises apparemment, désamorcées à temps, car il n'y a pas que cela. D'abord, l’activisme diplomatique du Qatar, qui a aidé les talibans d’Afghanistan à ouvrir une représentation à Doha, n'est pas bien perçu en France. Ensuite, la France ne critique pas officiellement, du moins, l’aide qu’accorde ouvertement, le Qatar à des groupes islamistes radicaux, en Syrie, mais aimerait voir cette aide aller plutôt, à l’Armée syrienne libre, qu'al-Nosra, que l'ONU qualifie d'organisation terroriste. Enfin, l’Elysée aimerait bien comprendre pourquoi l’aide humanitaire en provenance du Qatar, s'était entièrement retrouvée entre les mains des combattants islamistes, au Mali, ces combattants que ses troupes combattaient. Avouez tout de même qu'il y a là, cause et matière à rompre, sans délais, les relations diplomatiques entre les deux pays. D'ailleurs, en généralisant un peu, les conseillers de François Hollande admettent publiquement, que le soutien du Qatar aux islamistes de tout bord, dans les révoltes arabes, apparaît parfois, trop exclusif, aux yeux de la France.« Les Frères musulmans peut-être, mais pas seulement les Frères musulmans »,expliquent-ils en ayant les yeux tournés vers Jebal Châambi, en Tunisie, et en prônant une approche plus inclusive de toutes les forces politiques démocratiques qui ont émergé des printemps arabes. On peut toujours rêver !

Oui, mais bon, la diplomatie a ses raisons que la raison ignore. Et bien que français de souche, le pauvre Descartes n'y peut rien. Pauvres français chahutés par tant de trous d'air, qui perturbent leur long vol, à destination du Qatar. J'espère qu'au retour, ils feront escale à Tunis, pour voir de visu, les conséquences de la diplomatie à la con, de leur cher Président.

Par Ridha Ben Kacem le 22 juin 2013

Tunisie Focus

Ses derniers articles: Dimanche , Ban Ki-moon a reçu le rapport des enquêteurs de l’ONU en Syrie  Une météorite tombe  Journée internationale de la démocratie . Bla-bla-bla chez les arabes 

France

AFP

Mohamed, l'ancien pirate somalien qui veut "reconstruire sa vie" en France

Mohamed, l'ancien pirate somalien qui veut "reconstruire sa vie" en France

AFP

Sahel: la France attend du Canada sa participation au maintien de la paix

Sahel: la France attend du Canada sa participation au maintien de la paix

AFP

A Abidjan, Le Drian rappelle le soutien de la France

A Abidjan, Le Drian rappelle le soutien de la France

Qatar

AFP

La Mauritanie rompt ses relations diplomatiques avec le Qatar

La Mauritanie rompt ses relations diplomatiques avec le Qatar

AFP

Athlétisme: le Qatar a versé 2,5 millions de dollars au fils de Lamine Diack

Athlétisme: le Qatar a versé 2,5 millions de dollars au fils de Lamine Diack

AFP

Sénégal: libération controversée de Karim Wade, qui remercie le Qatar pour son intervention

Sénégal: libération controversée de Karim Wade, qui remercie le Qatar pour son intervention