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Pelerinage 2013 : Panique à bord et « Rabbi youstour »

Par Ridha Ben Kacem

Le royaume d’Arabie saoudite a décidé de réduire de 20 %, le nombre des pèlerins étrangers autorisés à accomplir le Hajj, cette année, y compris les Tunisiens. Comment la réduction sera-t-elle répercutée auprès des candidats pèlerins 2013 ? Procédera-t-on à un nouveau tirage au sort ? Les pèlerins privés du Hajj seront-ils remboursés ? Les hôtels en Arabie saoudite, accepteront-ils de restituer les acomptes déjà, versés, semble-t-il ? Autant de questions qui se posent sans qu'il y ait de réponses, pour le moment. Une sous commission au sein de la commission du Hajj vient d'être créée et va se charger d'« étudier la question pour décider des mesures à prendre ». Wait and see, donc.

À trois mois du début du pèlerinage, les autorités saoudiennes ont annoncé, par circulaire rendue publique le 7 juin 2013, leur décision de réduire le nombre des pèlerins autorisés à accomplir le Hajj, pour l'année 2013. Le ministre saoudien du Hajj, Bandar Hajjar, cité par l'agence de presse saoudienne SPA, justifie cette décision, par les travaux d'extension des Lieux-Saints.« Les travaux d'extension en cours, à la Grande mosquée de La Mecque, devraient ajouter 400 000 m² et porter la capacité d'accueil du site à 2,2 millions de personnes. L'esplanade de la Grande mosquée de La Mecque, qui s'étend sur 368 000 m², a actuellement une capacité d'accueil de quelque 1,5 million de fidèles »,explique Bandar Hajjar. Les travaux en cours, pour l'extension du mataf qui est la zone circumambulatoire qui ceinture la Kaaba, et des deux mosquées se poursuivent mais, ne seront pas terminés avant la prochaine période du Hajj. La fin des travaux est prévue en effet, pour 2016. Je vous invite, à ce propos, de visionner la vidéo, ici-bas.

Ainsi, le nombre des pèlerins étrangers sera réduit de 20 % et celui des fidèles de l'intérieur du royaume saoudien de 50 %. Les quotas réservés à chaque pays seront ainsi, revus à la baisse. La décision suscite une vive polémique dans de nombreux pays musulmans. Les tunisiens, comme tous les autres musulmans, partout dans le monde, sont pris de court. Il faut les comprendre. Les saoudiens auraient pu informer tout les pays de la nécessité de réduire le nombre des pèlerins, dès la date de planification et d'engagement des travaux en cours. Car tout est planifié depuis longtemps. Mais non, ils ont préféré attendre la dernière minute, pour mettre tout le monde en porte à faux. Que chaque pays se débrouille avec ses nationaux, semblent dire les saoudiens. D'autant que la décision de réduction de 20% du nombre des pèlerins de chaque pays restera en vigueur, jusqu'en 2015. Le nombre de pèlerins tunisiens pour l'année 2012 a atteint les 10 000. Ils ne seront que 8300, pour cette année 2013. Le quota officiel de chaque pays est en principe, de un pour mille, soit 1000 pèlerins pour un million d'habitants. Notre quota devrait donc, être de 11000 places, mais bon, on n'en est pas loin. 20% de réduction ce sont un peu moins de 2000 candidats pèlerins, qui égorgeront leur mouton roumain ou turc, chez eux, à la maison, cette année. J'espère pour eux, que dans l'euphorie d'avoir appris que leur nom a été retenu, ils n'ont pas eu la malencontreuse idée de vendre « illi wrahoum willi 9odamhom ».Surtout, « illli 9odamhom ».

Cette décision exceptionnelle et temporaire, selon les responsables saoudiens, décevra certainement, les pèlerins. Pis encore. Elle affectera sans nul doute, considérablement les professionnels des agences de voyages et les compagnies aériennes entre autres, qui font face actuellement, à un autre problème lié à la Omra. Pour rappel, les médias ont rapporté que les autorités saoudiennes ont décidé de réduire la durée de séjour de la Omra, de 30 à 15 jours. La nouvelle a été annoncée par l'Arabie Saoudite, à seulement, 20 jours du début de la Omra du mois sacré de Ramadan, martèlent les médias du monde entier. C'est totalement faux. En fait, aucune mesure de restriction de visas « Omra » de Ramadhan n'a été prise par les saoudiens. Les saoudiens indiquent que la seule décision prise dernièrement, à cet égard, porte uniquement, sur la réduction de la durée de validité du visa à 15 jours. Cela veut dire que le candidat ne dispose plus que de 15 jours, pour prendre l'avion, à destination de l'Arabie, à partir de la date d'obtention du visa, au lieu de 30 jours auparavant. Quant-à la durée du séjour de la Omra, elle est toujours d'un mois.

N'empêche, les agences de voyages ont été prises de court et tentent tant bien que mal, de limiter les dégâts. Les réunions se succèdent un peu partout, pour trouver des solutions. Mais le sentiment qui prévaut c'est celui de la panique à bord. Et même si le branle-bas de combat a été décrété, dans l'urgence et la douleur et les réservistes appelés à rejoindre leurs unités de combat, les solutions miracles brillent par leur absence, pour le moment. Comment résoudre l'éternel problème de la quadrature du cercle, en si peu de temps ? Avez-vous une solution ? Faut-il rappeler enfin, qu'en Tunisie, pour le Hajj 2013, la période de dépôt des candidatures a été ouverte du 20 février au 8 mars 2013 ? Les saoudiens ne peuvent pas l'ignorer.

Certains expliquent cette décision précipitée, qui vient d'être arrêtée par l'Arabie saoudite, non par les travaux d'extension de la grande Mosquée, mais par une autre raison beaucoup plus grave. Plus pernicieuse, aussi. En effet, des rumeurs courent sur les véritables raisons qui auraient conduit l'Arabie saoudite à prendre de telles décisions. Ces dernières seraient motivées par la crainte de la propagation du Coronavirus, qui continue de se propager rapidement, dans le pays. Selon le dernier bilan du ministère saoudien de la Santé, 49 cas de coronavirus confirmés ont été enregistrés, depuis l'apparition du virus dans le royaume, en septembre 2012, dont 32 sont décédés. On sait que l'OMS parle déjà, de pandémie. La maladie n'est pas maitrisée, pour le moment. Il faudra donc, s'armer de patience, car rien ne sert d'ergoter dans la cacophonie généralisée.

Voyons maintenant, comment nos amis maghrébins ont réagi, par rapport à cette décision. Au Maroc, c'est le silence radio de la part des autorités publiques. Aucune annonce officielle de la part du ministère des Habous et des affaires islamiques. Contacté par le journal « Le Soir échos »,le ministre des Habous, Ahmed Taoufik, affirme que son département a reçu mardi 18 juin, un écrit de la part des autorités saoudiennes l'informant de leur décision. « Nous allons nous réunir pour étudier les retombées de cette décision et définir les mesures nécessaires. Nous allons annoncer ces mesures dans les jours qui viennent »,souligne le ministre marocain. Les marocains sont donc dans l'attente de ce que va décider leur ministre des Habous. Mais il est sûr que le truc est perçu comme un « kabous ».Le Maroc dispose habituellement, de 32 000 places pour le pèlerinage.

S'agissant de l'Algérie, le journal « Echourouk » a eu un entretien avec l'ambassadeur d'Arabie Saoudite, à Alger, qui a tenu d'abord, à souligner la nécessité impérieuse des travaux d'extension des Lieux saints de La Mecque, pour augmenter leurs capacités d'accueil, surtout durant le grand pèlerinage, où le nombre de hadji avoisine les 4 millions. Dans ce contexte, a ajouté l'ambassadeur, Dr Sami Al Salah, le quota des hadjis des pays musulmans a été réduit exceptionnellement, de 20%, en précisant que cette mesure portera sur trois ans, soit jusqu'à la fin des travaux. Le quota des hadjis saoudiens a été réduit pour sa part, de 50%, a-t-il souligné avant d'aborder le cas de l'Algérie. A ce propos, il faut rappeler que les autorités saoudiennes ont octroyé 27.800 visas hadj, pour l'Algérie cette année, au lieu de 36.000, délivrés habituellement. Pour l'ambassadeur saoudien, cette mesure restrictive est provisoire, en promettant que, conformément aux v½ux de l'Algérie, le quota réservé aux hadjis algériens, fixé précédemment à 36.000, sera porté à 38.000, à l'horizon 2016, soit à la fin des travaux d'extension des Lieux saints, eu égard à l'accroissement de la population de l'Algérie.

L'ambassadeur a évoqué aussi, l'infection causée par le coronavirus dans plusieurs pays, dont l'Arabie saoudite, en précisant que ce problème de santé est bien pris en charge par les autorités sanitaires de son pays et que les candidats au Hadj, cette année, doivent se faire vacciner contre la maladie au préalable. L'invité d'« Echourouk » a ensuite indiqué que toutes les conditions nécessaires ont été prises, par les responsables concernés de son pays, pour assurer le bon déroulement du Hadj 2013.

On peut, pardon, on doit le croire, bien évidemment. D'ailleurs, a-t-on le choix ?

Par Ridha Ben Kacem le 21 juin 2013

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