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Autant le dire… : Dites-nous, c'est quoi le Sénat au juste ?

L'opposition politique regroupée au sein du chef de file, la majorité (parti au pouvoir et ceux de la mouvance), des organisations de la société civile et syndicales se bagarrent en ce moment sur le Sénat. Déjà consacré par la loi à l'Assemblée nationale où 81 députés contre 46 l'ont voté. Si bien que la bagarre actuelle, au lieu qu'elle s'oriente vers des mouvements sociaux, devrait consister à convaincre par la force des arguments les Burkinabè s'il fallait oui ou non créer le Sénat. Et cela est valable dans un camp comme dans l'autre.

Aussi, l'opposition qui, non seulement représente le plus faible ici (minorité si l'on considère les chiffres ci-dessus lors du vote), mais aussi cherche à convaincre les Burkinabè que le Sénat est budgétivore, inapproprié dans le contexte démocratique actuel burkinabè, devrait orienter ses actions dans ce sens. Et cela devrait se faire dans le respect des principes démocratiques, basés sur la vérité et le respect de l'autre (des arguments vrais, et non sur des spéculations et des manifestations de rue).

Quand on soutient par exemple dans le camp de l'opposition que le Sénat est budgétivore, qu'il va coûter 36 milliards pendant six ans au contribuable, il faut que cela soit soutenu par des éléments irréfutables. Il est évident que lorsqu'on dit de façon lapidaire que le Sénat coûte aussi cher, alors que les besoins élémentaires des populations en eau, en santé, en éducation, en sécurité, sont insatisfaits, naturellement on a une grande opinion avec soi. Mais, est-ce vrai que le Sénat coûte aussi cher ? En outre, quand on soutient que la mise en place du Sénat cache un calendrier politique que mijote la majorité, c'est de bonne guerre. Mais, cela doit convaincre davantage. L'opposition, en récusant le Sénat, n'a-t-elle pas un calendrier politique caché ? La Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B) a tenté des conférences d'explication sur la question dans quelques villes du pays. Mais, à l'analyse, les débats semblaient déjà orientés contre le Sénat.

Peut-être que les communicateurs ou les organisateurs l'ont voulu ainsi. Pourtant, l'initiative était si belle qu'elle devrait permettre d'enseigner ou de former l'opinion sur le Sénat et même sur le système parlementaire, sans parti pris et laisser le choix au peuple. De leur côté, les pro-sénats (le pouvoir et ses partisans) doivent pouvoir aller davantage au charbon pour justifier leur position en ce moment. Qu'on nous explique encore plus d'où est venue cette idée du Sénat. Qu'on nous dise pourquoi maintenant et non pas avant, ni après ? On nous dit que le Sénat va renforcer la démocratie. C'est bien, mais comment ? Le Sénat sera composé d'organisations syndicales, de la société civile, du patronat, de représentants de la diaspora, de la chefferie coutumière et religieuse, dans anciens chefs d'Etat et présidents d'Assemblée nationale. Mais, pendant que nous y sommes, pourquoi ces gens-là ne se prononcent pas sur le bien-fondé ou non du Sénat ? Peuvent-ils réellement apporter du renfort à la démocratie ? Parce qu'à l'analyse, le débat tel qu'il se déroule actuellement est trop politicien pour que l'opinion véritable y croie. Cela est d'autant plus vrai que les Burkinabè n'ont plus confiance, véritablement, à leur classe politique dans son ensemble.

C'est là, en fait, que se trouve actuellement le problème. Car, la classe politique burkinabè qui mène le débat en ce moment a pratiquement fini de « griller » ses cartes. Autrement dit, avec les calculs politiciens d'un côté, des promesses électorales non-tenues de l'autre et les conditions toujours difficiles de vie des Burkinabè, la confiance semble ne plus être au rendez-vous entre le politicien et son « monde ». Malheureusement, la société civile et les organisations syndicales qui doivent jouer le beau rôle de formation et de sensibilisation de l'opinion, donnent l'impression d'avoir emprunter un autre chemin. Non moins opposé et ...politicien. Dommage.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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