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Autant le dire… : Voici nos résultats au BEPC 2013

Nos enfants, candidats au Brevet d'études du premier cycle (BEPC) 2013 ont reproduit exactement les résultats de nos efforts consentis depuis des années. Ces résultats parlent d'eux-mêmes. Dans un jury de 332 candidats, seulement deux candidats ont eu la moyenne en français ; quatorze l'ont obtenu en mathématiques et soixante-quatorze en physique chimie. Le taux d'admission au premier tour est un peu moins de 10%. Dans plusieurs autres jurys à Bobo-Dioulasso, les résultats ne sont pas meilleurs. Qu'est-ce à dire ?

En effet, les uns accusent le niveau général des candidats qui est très faible. Pendant ce temps, d'autres estiment que les épreuves étaient assez difficiles. D'autres encore accusent la correction qui aurait été assez sévère. Qu'à cela ne tienne ! Quand on connaît, c'est qu'on connait, dit-on. Seulement, ce qu'il convient sans doute de retenir, est que les responsabilités liées aux résultats du premier tour du BEPC sont partagées. Nos enfants, en fait, ne sont que les victimes, comme dirait l'autre, d'un système général d'enseignement et de conditions sociales que nous avons, nous parents d'élèves, enseignants, pouvoirs publics, société civile et partis politiques entretenus depuis maintenant des années. Nous sommes tous coupables et ces enfants-là, ne l'oublions pas, nous demanderont tôt ou tard des comptes.

D'abord les pouvoirs publics. Depuis que les bailleurs de fonds nous ont obligés à atteindre un taux plus élevé en terme de scolarisation afin de bénéficier de leurs aides, nous passons plus de temps à faire de l'alphabétisation ou de l'enseignement sans éducation. Aujourd'hui, en plus de ces résultats au BEPC, nous sommes rattrapés par l'incivisme, la perte de la morale et de nos valeurs africaines. Comme il n'est pas tard pour revenir sur ses pas, osons croire que ce sera fait.

Ensuite, nous les parents d'élèves. Nous avons tellement fui nos responsabilités dans l'éducation de nos enfants qu'aujourd'hui, nous n'avons que nos yeux pour pleurer. Quand des enfants, dans des établissements refusent de suivre des cours tant qu'on ne change pas tel ou tel professeur, quand des enfants demandent qu'on relève de ses fonctions un censeur ou un proviseur parce qu'il est sévère et on obéit, indéniablement ces enfants-là n'auront plus la tête aux études. Puisque, finalement ils sont les maitres des lieux. Quand les mêmes enfants décidaient de ne plus aller à l'école parce qu'ils sont en grève, qu'avons-nous fait, nous parents ? Malheureusement, les associations que nous mettons chaque année en place passent plus de temps à piailler sur nos cotisations qu'à s'occuper des conditions d'études de nos enfants.

Puis il y a la responsabilité des politiciens tous bords politiques confondus. En effet, ils sont toujours les premiers à aller demander à nos enfants et à les encourager descendre dans les rues, abandonnant ainsi les classes pour défendre des causes que ces enfants-là ne comprennent même pas. Aujourd'hui, les résultats sont là puisque les enfants n'ont pas étudié.

Puis, il y a la part des enseignants qui n'est pas elle aussi négligeable. Il est tout à fait normal qu'on revendique de meilleures conditions de vie et de travail. Mais quand la manière et la forme nuit aux intérêts de l'enfant à qui on a le droit de donner du savoir, il y a une fuite de responsabilités. N'est-ce pas que les grèves qui ont consisté, ouvertement ou non, à prendre en otage les examens y sont pour quelques chose dans les résultats obtenus par nos enfants ? N'est-ce pas aussi que lorsque des éducateurs font le sprint aux prix et autres récompenses en oubliant la qualité de l'éducation, les résultats seront ceux que nous avons actuellement ?

Quant aux enfants, ils auront appris que tous ceux qui les poussaient à aller en grève pour les soutenir, pour les aider à conquérir ou à conserver le pouvoir, en réalité ne voulaient pas forcément de leur bien. La preuve est qu'ils sont aujourd'hui, avec leurs parents les seuls à pleurer les résultats. Vous avez vu que c'est bien le jour où vos grands-frères des classes de terminale iront à la conquête du baccalauréat que certains ont choisi pour les distraire à travers des marches et des meetings à connotation politicienne ?

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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