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Des graines antifamine pour sauver la Corne de l'Afrique

La sécheresse qui touche la Corne de l’Afrique aurait des conséquences moins graves si les agriculteurs privilégiaient des semences résistantes au climat aride.  

C’est en tout cas l’opinion formulée par le Centre de recherche international pour la récolte dans les zones tropicales semi-arides (Icrisat) dans un article publié le 17 août 2011 sur AlertNet, un site d’information sur les crises humanitaires. Le Centre encourage en effet les agriculteurs à semer du sorgho, du petit pois tropical, du niébé ou encore des haricots pour parer aux pénuries alimentaires.

L'idée n’est pas nouvelle, précise l'Icrisat, mais presqu'aucune mesure n’existe pour la favoriser. La famine qui touche actuellement le sud de la Somalie et menace au total 12 millions de personnes en Afrique de l'Est le prouve.

Ainsi dans la vallée du Rift, au nord du Kenya, les agriculteurs cultivent en majorité du maïs car cela correspond à la demande. Or celui-ci n’est rentable que lorsqu’il est bien arrosé.

Janey Leakey a créé Leldet en 2008. C’est la première société agroalimentaire du Kenya spécialisée dans les graines résistantes à la sécheresse:

«(dans) les zones où il pleut rarement, les agriculteurs s’en sortent mieux avec des petits pois tropicaux, du sorgho et des haricots qu’avec du maïs. Mais ils vont encore en cultiver l’année prochaine, parce que c’est dans ce sens que va le marché», déplore-t-elle.

Pour inciter les agriculteurs à acheter ses semences, elle les vend à bas prix, par petits paquets où il est inscrit en swahili «Faites disparaître rapidement la faim».

Ce sont toutefois de petites quantités qui ne permettent pas de dépasser le stade expérimental. D’autant que les femmes ont peu de contrôle sur les terres, comme le soulignait Anne Collet sur son blog Femmes d’Afrique et d’ailleurs.

En réalité, pour une production à grande échelle il faudrait que le gouvernement soutienne les agriculteurs. Car ceux-ci ne seront pas prêts à changer de culture tant qu’ils ne seront pas assurés que c’est «le meilleur moyen de générer des revenus».

Lu sur AlertNet