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De la publicité sur un minaret tunisien

A Tunis, le minaret d’une mosquée peut désormais servir de panneau d’affichage pour une publicité.

Entre mercredi 17 et jeudi 18 août 2011, on pouvait en effet admirer sur le minaret de la mosquée d'Essalem, dans la cité d’Ennasr à Tunis, une grande affiche publicitaire.

Cette information révélée par le site Business News a immédiatement fait polémique en Tunisie. Selon Le Courrier de l’Atlas, l’affiche aurait d'ailleurs été retirée dans les 24 heures.

Fort heureusement, il ne s’agissait pas d'une publicité vantant les mérites d'une marque, ce qui, on l’imagine aisément, aurait déclenché un raz-de-marée de contestations, mais l’œuvre de l’école coranique privée d’Abdallah Ben Massoud, située à quelques centaines de mètres de la mosquée. Le message, placardé sur la tour blanche du minaret, restait pédagogique et appelait les musulmans à observer avec sérieux leurs prières.

Pour certains, l’architecture particulière de la tour aurait dû être préservée, mais il n’existe pas réellement d’interdits concernant les mosquées qui appartiennent au domaine public.

Par ailleurs, les affiches qui incitent les musulmans à faire leurs prières, impensables sous le régime de l'ex-président Zine el Abidine Ben Ali, suscitent depuis plusieurs semaines le débat en Tunisie.

Reste néanmoins que l’école en question est certes musulmane, mais use de fonds privés. Dès lors, on peut s’interroger sur les autorisations administratives et sur les relations entre les responsables de la mosquée et le directeur de ladite école, et les rémunérations hypothétiques.

Un responsable au sein de l’instance de direction de la mosquée et de la ligue régionale des associations coraniques assurait au Courrier de l’Atlas que l’initiative n’avait pour but que celui d’«aider à mieux faire connaître l’établissement récemment lancé». Le représentant de l’école a confirmé son étroite collaboration avec le lieu de culte mais nié toute contrepartie financière.

Le choix de la mosquée pour cette campagne scolaire s’est fondé sur son emplacement stratégique. Le minaret de grande taille est en effet situé sur un rond-point devant l’artère principale d’une cité huppée de la banlieue de Tunis, un lieu très fréquenté et régulièrement embouteillé.

Le minaret sert à indiquer l’emplacement de la mosquée en offrant au muezzin (l’imam et orateur du lieu de culte) un point suffisamment élevé duquel il peut appeler cinq fois par jour les musulmans à la prière.

Ce symbole de l’islam est resté dans certains pays européens une problématique. En novembre 2009, la Suisse avait interdit la construction de minarets sur son territoire. Une mesure qui avait ouvert les débats sur la prétendue montée de l’islam sur le continent européen.

Mais d’autres pays ont vu dans cet édifice un atout écologique. Ainsi, dans le nord de l’Allemagne, un minaret exploité pour sa hauteur a été doté d’une éolienne et produit régulièrement de l’énergie renouvelable.

Lu sur Business News, Le Courrier de l'Atlas