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Brésil: 800 000 manifestants à travers le pays, 300 000 à Rio

L'annulation de la hausse des prix des transports en commun n'aura pas calmé les ardeurs des Brésiliens. Ils étaient près d'un million à défiler dans tout le pays ce jeudi soir. Après presque 10 jours de manifestations, les revendications vont désormais au-delà du prix des transports. Ces manifestations ont dégénéré dans plusieurs villes, faisant un mort accidentel et plusieurs dizaines de blessés. Reportage à Rio de Janeiro où ils étaient 300 000 à battre le pavé.

Ils étaient plus de 300 000 à être descendus dans les rues de Rio de Janeiro. Une véritable marée humaine. Dans une ambiance festive, les manifestants étaient venus célébrer leur victoire : la baisse du prix des transports publics concédée par le maire de la ville.

Mais dans la foule, désormais les pancartes et les slogans demandent davantage d'investissements dans l'éducation et la santé, deux secteurs largement déficients au Brésil, surtout pour les plus pauvres.

Au milieu de la foule, Marina, une jeune étudiante en droit, croit à la révolution : « Si protester, c'est la seule manière de faire changer les choses, alors on va continuer à manifester. On va crier, brandir des pancartes. On y est. Le Brésil fait sa révolution ! »

Antonia, la cinquantaine, est venue manifester avec ses deux filles adolescentes dans les rues de Rio de Janeiro. Cette fonctionnaire a participé aux dernières manifestations. Elle ne veut pas s'arrêter maintenant que la protestation commence à donner des résultats. « Beaucoup de choses doivent changer, dit-elle. Il faut améliorer l'éducation, la santé. Le pays vient de se réveiller. Les Brésiliens sont complément réveillés maintenant. Alors, il faut que ça change. quelque chose en tout cas doit changer. Comme la Coupe du monde par exemple. On n'a pas besoin de football. Il nous faut d'abord un pays meilleur. Ensuite, on verra pour le foot ».

Les autorités dépassées

Les autorités brésiliennes semblent aujourd'hui dépassées par ce mouvement de protestation nationale qu'elles ne comprennent pas. La présidente Dilma Rousseff a convoqué ses ministres. Elle veut analyser avec eux les revendications multiples des protestataires.

La foule, ce jeudi, brandissait des pancartes et criait des slogans qui exigent davantage d'investissement dans l'éducation et la santé, deux secteurs largement déficients au Brésil, surtout pour les plus pauvres. Beaucoup de critiques également contre la corruption qui, selon les manifestants, gangrène le pays et la classe politique. « Halte à la corruption », « Dehors les politiques », pouvait-on ainsi entendre. C'est un grand coup de balai que les protestataires exigent désormais. Pour Elias, 48 ans, qui est venu manifester en costume cravate, le malaise est profond : « Il y a une insatisfaction générale contre les organisations politiques qui ne répondent pas aux préoccupations de la population. Le peuple est vraiment déçu par les partis politiques ».

Difficile pour le gouvernement de répondre à toutes ces revendications dans l'immédiat. D'autant que le mouvement de protestation se durcit. Dans la capitale brésilienne, les symboles de l'Etat ont été durement attaqués par les manifestants. Ils ont tenté d'envahir le palais présidentiel et le Parlement, avant de mettre le feu à la façade du ministère des Affaires étrangères.

En fin de soirée, l'immense manifestation s'est progressivement dissoute à Rio. En marge, des casseurs s'en sont pris à des arrêts de bus et à des boutiques, mise à sac. Une quarantaine de personnes ont été blessées. A Ribeiro Preto, dans l'Etat de Sao Paulo (sud-est), un manifestant de 18 ans est mort renversé par une voiture, a annoncé la police.

Rfi.fr

Rewmi

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