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Activistes de Reporters Sans Frontières à Paris, 2010 / REUTERS
Activistes de Reporters Sans Frontières à Paris, 2010 / REUTERS

Les journalistes ne sont pas les bienvenus au Tchad

Après des arrestations de plusieurs journalistes, c'est maintenant au tour de RSF de voir interdit d'entrée au Tchad.

Ambroise Pierre, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières, devait se rendre à N’djamena du 20 au 25 juin 2013, pour s’entretenir avec les autorités et rencontrer des journalistes tchadiens ainsi que certains confrères emprisonnés. Mais sa demande de visa a été refusée par le gouvernement tchadien, rapporte l’AFP.

RSF dénonce une «manœuvre dilatoire» qui intervient dans un climat déjà tendu. Selon l’organisation, «plusieurs arrestations abusives» de journalistes ont lieu entre mars et mai dernier dans le cadre d’un complot présumé, explique l’AFP.

Déjà, en septembre 2012, le directeur de publication de N’Djamena Bi-hebdo, Jean-Claude Nekim, est condamné à un an de prison avec sursis, assortie d’une amende d’un million de francs CFA (1.500 euros) pour «diffamation»: il a évoqué une pétition contre le régime du président Idriss Déby dans une brève. Un journaliste tchadien présent à l’audience dénonce un «procès expéditif».

Le 22 mars 2013, en pleine nuit, le blogueur et activiste proche des partis d’opposition Jean-Etienne Laokolé est écroué à N’Djamena, selon l’AFP. Selon l’agence de presse, les autorités tchadiennes lui reprochent notamment ses échanges avec le blogueur en exil  Makaila Nguebla.

Le 6 mai 2013, Eric Topona, secrétaire général de l’Union des journalistes tchadiens (UJT), est arrêté. Cet ancien journaliste de la radio nationale est accusé «d’atteinte à l’ordre constitutionnel».

Selon Amnesty International, il est actuellement détenu dans des conditions qui mettent sa vie en danger. Le lendemain, révèle l’AFP, c’est le directeur de publication du journal indépendant Abba Garde, Moussaye Avenir de la Tchiré, qui est poursuivi pour «incitation à la haine et au soulèvement populaire».

L’article rappelle que ces arrestations interviennent quelques jours après une action du gouvernement tchadien pour déjouer un présumé complot de «déstabilisation». Sept arrestations, une quinzaine de blessés et au moins six morts: selon l’agence, le président Idriss Déby Itno dément une «chasse aux sorcières» envers l’opposition mais une deuxième vague d’arrestation déferle début juin, alors que les deux journalistes et le blogueur sont toujours détenus en attendant leur procès.

Lu sur AFP

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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