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Le taux directeur de BAM maintenu à 3 % 


Le Conseil de Bank Al-Maghrib, qui a tenu sa réunion trimestrielle mardi à Rabat, a décidé de maintenir inchangé son taux directeur à 3 %.

Dans un contexte “caractérisé par une balance des risques équilibrée, sous l’hypothèse du maintien du dispositif actuel de compensation, et une prévision centrale de l’inflation durablement en ligne avec l’objectif de stabilité des prix, le Conseil a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 3 %”, a indiqué le gouverneur de la banque centrale, Abdellatif Jouahri.

A l’horizon des six prochains trimestres, l’inflation devrait se situer autour de 2,1 % en 2013, en ligne avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme, et devrait atteindre 1,6 % au troisième trimestre 2014 et 2 % en moyenne sur l’horizon de prévision, a déclaré M. Jouahri lors d’un point de presse à l’issue de la réunion du Conseil.

Le gouverneur de Bank Al-Maghrib a expliqué cette décision par un contexte international marqué par une “évolution déprimée”, notamment une décélération de l’activité et des niveaux de chômage élevés, notamment dans la zone euro où la croissance s’est établie à -1,1 % au premier trimestre 2013 après -0,9% au quatrième trimestre 2012.

En termes de perspectives, le FMI prévoit une croissance de 1,9 % en 2013 et de 3 % en 2014 aux Etats-Unis et table, pour la zone euro, sur une contraction de 0,3 % suivie d’une progression de 1,1 %.

Au niveau national, M. Jouahri a fait état d’une baisse de la croissance à 2,7 % en 2012, recouvrant un recul de 8,9 % de la valeur ajoutée agricole et une augmentation de 4,5% du PIB non agricole.

Pour 2013, les activités agricoles bénéficieront des bonnes conditions climatiques de la campagne agricole 2012-2013, alors que la croissance non agricole continuera à subir les effets de la conjoncture défavorable dans les principaux pays partenaires, a-t-il ajouté.

Ainsi, la croissance devrait se situer entre 4,5 % et 5,5 %, avec une décélération du PIB non agricole à un rythme entre 2,5 % et 3,5 %. Dans ces conditions, l’output gap non agricole devrait se maintenir à court terme en dessous de zéro, indiquant l’absence de pressions inflationnistes émanant de la demande intérieure.

En ce qui concerne les finances publiques, le gouverneur a noté un déficit budgétaire de 18,6 milliards de dirhams (MMDH) à fin avril 2013, contre 15,1 MMDH à fin avril 2012.

Cette évolution est liée à l’alourdissement de 6,1 % des dépenses globales, avec une baisse de 31,9 % des charges de compensation, alors que les recettes ordinaires n’ont augmenté que de 1,6 % suite à la baisse de 3,1 % des recettes fiscales, a-t-il précisé, ajoutant que le déficit budgétaire atteindrait 5,5 % du PIB au titre de l’année 2013, contre 7,6 % en 2012.

Au niveau des comptes extérieurs, il a fait ressortir une atténuation de 7,3 % du déficit commercial à 81,6 MMDH et une augmentation de 3,1 % des recettes voyages, en glissement annuel, et de 0,1 % des transferts des MRE.

Les rentrées au titre des investissements directs étrangers ont atteint 17,8 MMDH contre 13,4 MMDH une année auparavant, soit une hausse de 32,8 %.

Tenant compte de la dernière levée du Trésor sur le marché international, les réserves internationales nettes se sont ainsi établies à 153,1 MMDH, soit l’équivalent de 4 mois et 9 jours d’importations de biens et services.

Au niveau monétaire, le gouverneur de la banque centrale a fait état d’une modération des pressions inflationnistes à moyen terme avec un écart monétaire demeurant à un niveau négatif. A fin décembre 2013, la croissance du crédit devrait se situer entre 5 % et 6 %, a-t-il dit.

La Nouvelle Tribune

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