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Après la Turquie , le Brésil s’embrase à son tour

Membre du BRIC, le brésil affiche depuis plusieurs années une insolente santé économique qui étonne tout le monde à commencer par les Etats-Unis. Aujourd'hui, le pays est considéré comme la 6ème puissance économique de la planète, devant le Royaume-Uni, avec un PIB de l'ordre 2600 milliards de dollars. A lui seul, le pays couvre la moitié du territoire de l’Amérique du Sud, avec une superficie de 8 514 876 km2 et une population d’environ 194 millions d’habitants en 2012. En résumé, il y a 19 fois plus de brésiliens que de tunisiens, chacun d'eux créait 4 fois plus de richesse et dispose de presque 4 fois plus d'espace, que bibi et compagnie.

Mais le Brésil, ce n'est pas uniquement la grosse artillerie des chiffres, dégainée à la face du monde et qui dépassent la capacité de compréhension de notre petit entendement. En effet, deux gros problèmes handicapent la montée en puissance du pays : L'insécurité et les flagrantes disparités économiques et sociales, qui sont appréhendées comme les plus élevées, au monde. Ces deux problèmes sont considérés depuis longtemps, comme de véritables bombes à retardement et les experts savaient que cela finirait, un jour ou l'autre, par éclater. Eh bien, il semble bien que nous y sommes et que ça commence à éclater. Du moins, à boursouffler.

Le brésil s'est engagé devant la communauté internationale, à résoudre ces deux problèmes, en prévision de l'organisation des deux plus importants rendez-vous planétaires : La coupe du monde de football, en 2014 et les jeux Olympiques, en 2016. Comme tout pays qui s'affirme, le Brésil s'est proposé pour organiser ces deux événements de prestige, pour signifier sa réussite, face aux grands de la planète, pour rejoindre leur club fermé et également, face aux peuples des déshérités, pour leur signifier qu'il les quitte, pour toujours. Mais le coût très élevé des ces opérations de prestige a finit par rattraper ceux qui croyaient damner le pion à la planète, pour dominer de plain pied, l'atlantique sud, en établissant un poste de douane, entre l'Afrique et l'Amérique du Sud. La population qui n'apprécie guère les rêves de puissance de ses dirigeants et de ses chefs militaires, manifeste depuis quelques jours, son ras-le-bol et le fait savoir d'une manière si fracassante que toute la planète des déshérités justement, s'est mise a suivre passionnément, ces événements non programmés et non budgétisés.

L'on apprend, ainsi, que de puissantes manifestations de protestation populaire ont embrasé onze villes du Brésil. Plus de 200.000 personnes sont descendues dans la rue, pour protester contre l’augmentation du prix des transports publics et les dépenses destinées à l’organisation de la Coupe du monde de football de 2014 et des JO 2016, qui ne cessent de battre des records. Les actions de protestations ont vite fait de dégénérer en troubles massifs, qui ne se sont achevés que tard dans la nuit du 13 juin 2013. Festoyeurs à leur habitude, les manifestants portaient des pancartes et des flambeaux, au point que l'on aurait pu croire assister à une répétition générale, à grande échelle, du célèbre festival de Rio. Mais les milliers de voitures incendiées un peut partout, rien qu'à Rio de Janeiro, ne laissaient planer aucun doute, sur les intentions réelles des manifestants.

Selon des informations officielles, distillées par les autorités, qui semble manifestement surprises la l'ampleur du mouvement, une trentaine de personnes, dont 20 policiers, ont été blessées dans les heurts survenus à Rio de Janeiro. La contagion est-elle venue de Turquie ? C'est ce que se demandent les autorités. Selon les médias locaux, les protestataires ont tenté de faire irruption au Congrès national, à Brasilia, capitale du pays, à l’Assemblée législative de l’Etat de Rio de Janeiro et à l’administration de l’Etat de Sao Paulo, mais ont été repoussés par les policiers apparemment, bien aguerris et bien formés. En prévision de l'organisation de la Coupe du monde de football et des JO, le Brésil a reformaté ses forces de l'ordre et cela semble porter ses fruits. Principal fournisseur de bombes lacrymogènes de la planète, aucune des milliers de bombes lacrymogènes utilisées par les forces de l'ordre ne semble avoir dépassée le délai réglementaire de son utilisation. Il apparaitrait, ainsi, que le pays ait fourgué tous les vieux stocks de bombes lacrymogènes, à Ali Larayedh, lorsqu'il était ministre de l'intérieur, en Tunisie.

Les affrontements les plus violents se sont produits à Sao Paulo où des blindés, des hélicoptères et la cavalerie ont été lancés pour disperser la foule. En tout, environ 900 policiers ont été mobilisés. A Rio de Janeiro, plus de 100.000 personnes sont descendues dans la rue, et de violents heurts, avec la police ont éclaté. Les manifestants brandissaient des pancartes indiquant que les Brésiliens ne protestent pas à cause de l’argent, mais contre la violation de leurs droits. Heureusement qu'on ne leur a pas balancé à la figure, les bombes lacrymogènes d'Ali Larayedh, fourguées à la Tunisie. A Brasilia, 5.000 manifestants ont entouré le bâtiment du Congrès national, et certains d’entre eux se sont hissés sur son toit, à la recherche du temps perdu. Le temps n'était pas à la rigolade et les habitants de la ville n'ont rien perdu de leur verve et de leur colère, en ne voyant rien venir. La presse rapporte en outre, que plus de 30.000 personnes se sont rassemblées à Belo Horizonte et près de 25.000 manifestants à Salvador, Curitiba, Porto Alegre, Maceió, Belém et Santos, autres villes du Brésil.

Depuis des semaines, les Brésiliens sont de plus en plus irrités par la manière dont le gouvernement répartit les fonds budgétaires, alors que plus de 15 milliards de dollars seront dépensés à l’organisation de la Coupe du monde de football de 2014. L'on estime que les JO de 2016, organisées dans la foulée de la coupe du monde de foot, coûteront au pays, la bagatelle de 50 milliards de dollars. De tels chiffres sont à mettre en rapport avec ce que cela représenteraient pour nous autres, tunisiens. C'est l'équivalent de deux fois toutes les richesses ( ?) produites par notre labeur (re ??), à tous, en une année pleine et entière, sans un jour de plus ou de moins.

Les protestations contre l’augmentation du prix des transports publics ont éclaté il y a tout juste une semaine soit jeudi 13 juin. Ce n'était surement pas pour fêter l'arrivée de l'été car c'est l'hiver actuellement au Brésil. Heureusement que ce n'était pas un vendredi 13. Enfin, façon de parler. A l’heure actuelle, un trajet coûte en moyenne, un euro, alors que le salaire minimum est de moins de 300 euros, au Brésil. C'est deux fois et demi, le salaire moyen de mes copains tunisiens, mais eux au moins, ils resquillent tout le temps, et c'est même là, notre sport national favori. Je ne sais pas si le Brésil a prévu ce sport, dans le calendrier des épreuves des JO 2016, auquel cas, les tunisiens, sans conteste, c'est sûr, trusteraient les trois marches du podium. Les Brésiliens sont persuadés que tout changement de prix d'une denrée ou d'une prestation de base, viole leurs droits les plus élémentaires, même s'ils ont définitivement compris depuis longtemps, qu'ils vivent dans le pays du capitalisme le plus sauvage qui soit.

En 2014 et en 2016, Rio de Janeiro et le Brésil accueilleront la planète foot et les JO d’été, en plein hiver austral, alors que les Brésiliens protestent actuellement, contre le financement insuffisant de la santé et de l’éducation, dans le pays roi de la samba. Prestige et social ne font pas forcément bon ménage ensemble, contrairement à ce que l'on croit.

Tunisie Focus

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