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Négociations entre les autorités de Bamako et les Touaregs de Kidal, le 18 juin, à Ouagadougou. AHMED OUOBA / AFP
Négociations entre les autorités de Bamako et les Touaregs de Kidal, le 18 juin, à Ouagadougou. AHMED OUOBA / AFP

Mali: un accord conclu au forceps

A l'issue d'âpres négociations, le pouvoir malien et les rebelles touareg se sont entendus pour faciliter la tenue de la présidentielle dans un mois.

On l’annonçait depuis plus d’une semaine, mais il se faisait toujours attendre. Telle une parturiente en travail que l’on attend impatiemment, l’accord préliminaire de Ouagadougou entre Bamako et les groupes armés, cristallisait beaucoup d’attentions.

Chaque fois que la médiation croyait avoir aplani toutes les difficultés pour une validation de l’accord, une nouvelle paire de manches surgissait; compliquant ainsi la situation. Et on comprend désormais pourquoi Bamako traînait jusque-là les pieds. On l’avait déjà dit. Et ce n’est un secret pour personne.

Les autorités de Bamako ont peur de l’opinion nationale. Elles ne veulent pas se mettre à dos les citoyens maliens dont la plupart n’ont jamais blairé les négociations avec les groupes armés du Nord-Mali. Pour bien des Maliens, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a été à l’origine de tous les maux dont souffre aujourd’hui le Mali.

Il n’était donc pas question de chercher par des artifices diplomatiques ou juridiques, à l’absoudre à bons comptes. Car nombreux sont les Maliens qui n’ont jusque-là pas digéré les massacres d’Aguelhok dont se sont rendus coupables les éléments du MNLA. Pour eux, il faut donc que le MNLA et ses affidés rendent comptent et peut-être même rendent gorge.

Manifestation

C’est dans cette optique que s’inscrit la marche organisée par la société civile à Bamako, le 17 juin dernier, pour «mettre en garde les autorités de la transition contre la signature d’un accord qui n’irait pas dans le sens d’un redéploiement immédiat de l’armée dans la ville de Kidal».

Et dans le même registre, des femmes regroupées au sein de l’Association pour le progrès et la défense des femmes (CAPDF) ont annoncé, à l’issue d’un point de presse, qu’elles marcheraient sur Kidal pour réaffirmer l’autorité de l’Etat et exiger que la lumière soit faite sur les crimes d’Aguelhok avec pour slogan «non à l’impunité».

En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que ces manifs n’allaient pas à l’encontre de la position qu’a toujours défendue Bamako, à savoir le redéploiement immédiat et sans condition de l’armée malienne à Kidal; si fait que d’aucuns se demandaient si ces marches n’avaient pas été suscitées.

Mesure et pondération

Certes, on parle d’une dizaine de personnes interpelées pour avoir bravé l’état d’urgence en vigueur depuis plus de six mois, mais on savait bien que c’est Bamako qui récolterait les dividendes de cette clameur montante sur les bords du Djoliba.

Car, de toute évidence, ces manifestations n’auront pas été sans conséquences sur le MNLA qui a probablement, comprendra qu’il n’est pas bien coté par le citoyen malien qui le considère du reste comme le cheval de Troie des djihadistes.

C’est lui qui a ouvert la porte et a permis au fantôme d’entrer dans la maison. Il avait donc intérêt à revenir à la raison et à jouer balle à terre comme il l’a si bien fait ces derniers temps.

On peut aussi dire que Bamako a finalement accepté de jouer le jeu en ne tirant pas trop sur la corde, pour ne pas agacer ses soutiens extérieurs. N’est-ce pas déjà la preuve d’une profonde exaspération qui avait poussé Abidjan et Paris à appeler le président Dioncounda Traoré à plus de mesure et de pondération?

Les autorités de Bamako ont par ailleurs compris qu’elles ne devraient pas perdre de vue l’échéance du 28 juillet, si elles ne voulaient pas donner raison à ceux qui pensaient déjà qu’elles traînaient les pieds pour faire perdurer la transition.

Boundi Ouoba (Le Pays)

Le Pays

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