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Kenya - Les éléphanteaux orphelins ont leur nursery

Un million trois cent mille en 1979, les éléphants d’Afrique ne sont plus que 500.000 sur le continent.

Un long reportage accompagné de photos et publié sur le site du National Geographic ouvre les portes du plus grand centre de secours et de réhabilitation pour éléphanteaux orphelins au monde, le David Sheldrick Wildife Trust. Cette nursery, située au nord du parc national de Nairobi, recueille des éléphanteaux des quatre coins du Kenya.

«Un des nouveaux venus de la nursery de Nairobi est un éléphanteau nommé Murka, secouru à proximité du parc national de Tsavo alors qu’il avait une lance plantée entre les yeux et des plaies béantes sur le dos et les flancs. La lance avait pénétré de 10 centimètres jusqu’à atteindre les sinus, l’empêchant ainsi d’utiliser sa trompe pour boire.»

Par chance, Murka a finalement pu être sauvé. Comme lui, de nombreux éléphanteaux ont vu leurs parents massacrés par des braconniers ou tués par les hommes des tribus masaï.

Daphne Sheldrick a consacré la majeure partie de sa vie à s’occuper d’animaux sauvages. Elle a fondé la nursery kényane en 1987, et une chose est sûre: les éléphants sont de loin les animaux les plus particuliers dont elle ait eu à s’occuper:

«Les éléphants orphelins sont un véritable défi à relever car ils sont complètement dépendants du lait maternel au moins pendant les deux premières années de leur vie.»

Un autre problème de l’éducation des éléphanteaux: leur sensibilité et leur besoin d’affection:

«Les jeunes éléphants sont élevés dans des familles matriarcales, avec la mère biologique au sommet puis les sœurs, cousins, oncles, grand-mères, et certains amis. Ces liens […] peuvent durer jusqu’à 70 ans. Les jeunes éléphants restent proches de leur mère et des membres de leur famille —les mâles jusqu’à14 ans, les femelles toute leur vie.»

Daphne poursuit:

«Ils sont nés avec une mémoire génétique et ce sont des animaux très sociables. Ils se soumettent intuitivement aux anciens, et les femelles ont l'instinct maternel dès leur plus jeune âge. Dès qu’un nouveau-né arrive ici, les autres viennent l’entourer et posent leurs trompes sur son dos pour le rassurer. Ce sont des animaux très humains».

Nombreux sont les éléphanteaux qui assistent au massacre de leur famille et présentent ensuite des traumatismes psychologiques semblables à ceux endurés par l’être humain:

«Les jeunes éléphants qui endurent des agressions psychiques souffrent de syndromes de stress post-traumatique (PTSD), de la même manière qu’un enfant à la suite d’une guerre ou d’un génocide. Leurs émotions sont les mêmes que les nôtres […] Ils font des cauchemars, des insomnies.»

Jospeh Sauni se souvient d’Edo, une jeune éléphante recueillie en 1993 aujourd’hui matriarche d’un groupe d’éléphants, et qui lui a rendu une visite surprise en 2003:

«Elle avait donné naissance à un éléphanteau, à 1,6 kilomètre de là. Le lendemain, elle a ramené son nouveau-né pour nous le présenter.»

Lu sur National Geographic