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Mandla Mandela (au centre, crâne rasé), Qunu, 15 juin 2013 / AFP
Mandla Mandela (au centre, crâne rasé), Qunu, 15 juin 2013 / AFP

Mandla, le petit-fils qui ne rêve pas de devenir le nouveau Mandela

Alors qu'il rêvait de devenir DJ, son célèbre grand-père l'a encouragé à se mettre au service des autres.

Député ANC depuis 2009, il avoue qu'il ne sera jamais un autre Nelson Mandela même si, dit-il, ce dernier «l'inspire au quotidien».

A 38 ans, Mandla est plutôt abonné aux critiques dans la presse de son pays qui donne de lui une image de notable macho et dominateur notamment pour des démêlés conjugaux ou avec le voisinage.

Mais à l'heure où son grand-père se débat avec l'âge et la maladie dans un hôpital de Pretoria, il préfère souligner dans un entretien à l'AFP les vertus de l'exemple et de l'encouragement que le grand homme n'a jamais cessé d'incarner pour lui.

«Mon grand-père a toujours été un exemple pour moi et il est une source d'inspiration pour le travail que je fais aujourd'hui», expose ce jeune député, dont les apparitions sur le devant de la scène sont davantage liées à l'extraordinaire destin de son aïeul qu'à ses propres interventions ou discours au Parlement.

Ce n'est «pas du tout» simple d'être le petit-fils d'«une icône mondiale», avoue-t-il.

«Mais j'estime que, comme membres de la famille, les petites choses que nous faisons individuellement ou collectivement pourront un jour égaler la personnalité dynamique que fut mon grand-père.»

«L'Afrique du Sud, et même les Mandela eux-mêmes, ne produiront jamais un autre Nelson Mandela mais on peut toujours s'efforcer d'embrasser ses valeurs et ses principes», ajoute-t-il.

Chef de village

Mandla n'a pour l'heure guère la stature d'un futur homme d'Etat. Il a en revanche parfaitement endossé en 2007 les habits de chef traditionnel à Mvezo, le village de naissance de son grand-père dans la province du Cap oriental (sud), faisant de lui un homme aussi respecté que craint. De lui dépendent de nombreux emplois dans une région où la vie rurale est synonyme de fort chômage.

Une nouvelle route pavée conduisant au village a vu le jour. Et renouant avec ses premiers débuts comme entrepreneur, Mandla entend faire sortir de terre un musée sous la forme d'un grand complexe avec centre de conférence, bureaux pour le conseil des anciens, etc. Une école de sciences et technologie est en chantier et un hôtel en projet.

«C'est le lieu de naissance de mon grand-père et les gens voudront toujours y venir en visite car il a une forte signification. Il n'y a pas d'autre lieu où il soit né», vante Mandla, lui-même né à Soweto en 1974.

L'idée de se faire DJ

Mandla est le fils de Makgatho, la troisième des quatre enfants nés de l'union de Mandela avec sa première épouse Evelyne dont il divorça en 1958.

C'est à la demande de son grand-père qu'il a quitté Johannesburg et remisé ses premières amours pour le business pour reprendre des études de sciences politiques à Grahamstown et passer davantage de temps au Cap oriental.

«Lors de mon diplôme, mon grand-père m'a dit “alors tu veux toujours autant être homme d'affaires?” Avec ce sens de l'humour bien à lui, il a vu que j'avais changé et que j'étais désormais davantage guidé par le souci de la population», raconte Mandla.

«C'est la leçon que je retiens de lui: les Mandela sont supposés être ou se mettre au service des autres, c'est comme ça que j'ai endossé ce rôle, à commencer par ici, à Mvezo.»

Lycéen, Mandla caressa l'idée de se faire DJ. «Absurde», décréta son grand-père jugeant qu'«aucun Mandela ne ferait une chose pareille» et qu'il «lui fallait sortir et se trouver un métier».

«Mon grand-père a vraiment guidé la personne que j'avais besoin de devenir et le point d'ancrage a été mon éducation. Il a toujours eu la conviction que l'éducation est une arme qui peut servir à changer le monde, et il a fait en sorte que nous ayons une bonne formation afin que nous soyons au service des gens», dit-il.

Même pour la carrière parlementaire, c'est encore et toujours Nelson Mandela qui y a pensé pour son petit-fils et l'a incité à surmonter ses réticences initiales disant que ce serait la meilleure manière de «travailler plus largement avec la société et de répondre aux défis auxquels les Sud-Africains sont confrontés dans l'Afrique du Sud rurale».

AFP

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