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Non respect de la prière et du coran, jeux de hasard, nudité : La fatwa de Serigne Mame Malick Sy Borom Daradji contre la lutte sénégalaise

La lutte sénégalaise, telle qu'elle est pratiquée actuellement, est à ranger dans le lot des activités proscrites par l'Islam. C'est l'argument défendu par Serigne Mame Malick Sy ibn Serigne Mansour Sy Borom Daradji. Pour le chef religieux, le sport en tant que tel est licite, mais si une activité mobilise le musulman au point l'amener à manquer ses prières, de se servir du Coran dans des circonstances inappropriées, elle est considérée comme ''haraam'' (illicite). Le marabout s'exprimait, jeudi 12 juin, à l'occasion d'une conférence publique qu'il animait au village de Thiowor, dans le département de Louga.

Si dans un pays, tous les jeunes aspirent à devenir lutteur, qu'est-ce qui le gérera à l'avenir ? C'est l'interrogation existentielle mise sur la balance par le chef religieux à l'entame d'un message destiné à la jeunesse du Sénégal.

« Actuellement, dans notre pays, les jeunes aiment trop la facilité. Leurs ambitions et rêves tournent autour de la lutte. Chacun s'entraîne et quand on lui pose la question, qu'est-ce que tu veux faire ? La réponse est : je veux pratiquer la lutte. Avec un tel cas de figure, le Sénégal sera gouverné par qui ? Des lutteurs ? Si c'est la seule perspective qui s'offre, mieux vaut prendre le chemin de l'exil. » Ainsi s'articule la plaidoirie à charge de Mame Malick Sy à l'encontre de notre sport ''national''. Pour lui, si la lutte est pratiquée en tant que sport, tant mieux. En vérité le sport a pour objectif l'appropriation d'une forme physique visant trois principales vertus : pouvoir se consacrer à Dieu, avoir de l'endurance dans la quête du savoir et faire correctement son travail.

Mais si on examine de près la lutte sénégalaise telle qu'elle est pratiquée de nos jours, elle est considérée comme une activité illicite aux yeux de l'Islam. Tout d'abord, ceux qui assistent aux séances de luttes ont de fortes chances de manquer des prières. Ceux qui assistent aux combats sont au stade dès 14 heures pour ne quitter l'arène qu'après la prière du crépuscule : ils peuvent facilement manquer trois prières. Et le chef religieux de rappeler que Dieu promet l'enfer à ceux qui négligent ou retardent leur prière Al Maa 'uun, : «Malheur donc, à ceux qui prient tout en négligeant (et retardant) leur prière. »

Il y a aussi les paris et loteries qui sont faites sur la lutte : «j'ai même connu quelqu'un qui a misé son épouse dans un combat, un autre sa villa », témoigne le chef religieux. D'autre part," il y a cette nudité qui caractérise les lutteurs, avec des millions de paires d'yeux braqués sur eux alors que l'Islam oblige l'homme à se couvrir obligatoirement la partie de son corps allant du nombril jusqu'aux dessous des genoux », a-t-il rappelé. Mame Malick Sy fustige en outre les versets de coran utilisés, à tort et à travers, au sein de l'arène sénégalaise, sans compter les liquides que les lutteurs se versent dessus. Serigne Mame Malick Sy a en outre rappelé qu'Allah a utilisé un même verset dans le coran pour interdire les jeux de hasard et l'alcool.

Ce sont ces quatre principaux arguments, ci-dessus rappelés, qui ont conduit le fils de Serigne Mansour Sy « Borom Daradji » à la conclusion suivant laquelle, « la lutte est à ranger dans le lot des actes haram (illicite en islam)é.
Par ailleurs, le marabout a aussi indexé les « Navétanes » (compétition populaire de football pendant l'hivernage) comme étant une entrave au développement de l'agriculture. « De nos jours, quand l'élève est de retour au village pour les grandes vacances, il s'accroche au ballon de football au lieu de prendre l'hilaire, comme c'était de coutume auparavant », a regretté Mame Malick Sy.

C'était au cours d'une conférence dont le thème s'articulait autour du voyage nocturne et céleste (Al isra wal Mi'raj) du prophète Mohamet (Psl) et son exil de la Mecque à Médine. Mame Malick Sy Borom Daradji a notamment évoqué le côté miraculeux du premier et l'aspect difficile, voire périlleux du second. « C'est la volonté d'Allah qui pouvait rendre le chemin de l'Exil aussi aisé que l'ascension du prophète au ciel, logiquement plus difficile", a-t-il souligné. Le message qu'il en a déduit est que Dieu ne viendra pas en aide au croyant dans une tache à dimension humaine. Raison pour laquelle il a appelé, les jeunes en particulier, "à faire du culte du travail, leur viatique, au lieu d'implorer l'aide du Seigneur en restant passifs".

Rewmi

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