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Tunisie : La justice nahdhaoui continue à persécuter la liberté

La journaliste franco-tunisienne Hind Meddeb et six rappeurs tunisiens sont convoqués ce lundi par le juge d’instruction du tribunal de Ben Arous ( banlieue sud de Tunis ) et risquent d’être inculpés pour leur rôle dans des heurts avec des policiers après la condamnation de l’artiste « Weld El-15″
Selon leur avocat « C’est le procureur qui décidera de la qualifications des faits » qui leurs sont reprochés, a indiqué Me Ghazi Mrabet. Hind Meddeb est journaliste à la radio France-Info et appartient au comité de soutien au rappeur Weld El-15, de son vrai nom Alaa Yaâcoubi. Ces sept personnes avaient été interpellées puis relâchées en marge des heurts qui ont éclaté jeudi après la condamnation de ce rappeur à deux ans de prison fermes pour des insultes » envers les policiers dans une chanson diffusée sur internet.
Me Mrabet a indiqué ne pas savoir quels chefs d’inculpation pourraient être retenus, ses clients n’ayant pas pu prendre connaissance du contenu du procès verbal de la police. «Mais on craint qu’ils y mettent le maximum d’articles du code pénal. On ne sait même pas s’il s’agit de crimes ou de délits», a-t-il dit, jugeant «très grave ce qui se passe». Après avoir été déférés au parquet, les rappeurs et la journaliste peuvent, en fonction de la décision du procureur, être laissés en liberté, placés en détention ou traduits immédiatement devant la juge d’instruction.
Lors des heurts qui ont éclaté devant le tribunal de Ben Arous jeudi 14 juin, les policiers ont passé à tabac plusieurs personnes dont des journalistes venus couvrir le procès ainsi que des amis de Weld El 15.
Le Syndicat national des journalistes tunisiens a dénoncé une «agression ciblée» mais le ministère de l’Intérieur, n’a pas souhaité répondre à ces accusations. Me Mrabet a pour sa part indiqué qu’il comptait déposer une plainte pour violences policières.
Les ONG de défense des droits de l’Homme ont vivement dénoncé la lourdeur de la sanction infligée à Weld El 15, la qualifiant d’atteinte à la liberté d’expression. Les islamistes d’Ennahda, qui dirigent le gouvernement provisoire , sont régulièrement accusés par leurs détracteurs de vouloir instrumentaliser la justice et limiter la liberté d’expression acquise après la chute du régime Ben Ali le 14 janvier 2011. Sami Fehri , patron de la Chaine « Attounoussia TV » , continue à croupir en prison pour délit non encore confirmé .

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