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La loi sur la «zambianité» fait polémique

En Zambie, mieux vaut avoir des parents d’origine zambienne si l'on veut accéder aux hautes sphères de la politique.

L’article 34 (3) (b) de la Constitution zambienne stipule en effet qu’un candidat à l’élection présidentielle doit être en mesure de prouver la nationalité zambienne de ses deux parents, par leur naissance ou par leur propre descendance. Le site d’information kényan Africa Review revient sur cette loi polémique:

«La controverse sur l’ascendance des candidats à la présidentielle domine le débat politique en amont de l’élection du 20 septembre. Cette obligation de nature constitutionnelle semble prendre le pas sur les qualifications de celui qui occupera le palais présidentiel. D’une certaine façon, cette loi est également une arme pour éliminer des opposants»

Ainsi, trois des quatre présidents à s’être succédé à la tête de l’Etat depuis l’indépendance du pays le 24 octobre 1964 ont été l’objet de controverses quant à leur «zambianité».

Le président sortant Rupiah Banda, en poste depuis le 2 novembre 2008, livre actuellement un combat acharné avec l’opposition qui l’estime «inéligible à la présidence, étant donné que son père était malawite et, dans une certaine mesure, sa mère zimbabwéenne». Ce à quoi le président a rétorqué que ses deux parents étaient zambiens de naissance. Mais il est loin d’être le premier à souffrir de cette loi polémique:

«Cette législation, souvent étiquetée comme une "mauvaise loi", a été édictée par le président Frederick Chiluba pour écarter son adversaire —Kenneth Kaunda, le père de la nation zambienne— lors de l’élection présidentielle de 1996.»

Sauf qu’aujourd’hui Frederick Chiluba est l’arroseur arrosé, étant donné que le président Rupiah Banda représente le même parti politique que lui en 1996, le MMD (Mouvement pour une démocratie pluripartite):

«J’étais au Parlement lorsque la loi a été amendée. Pour ma part, j’avais dit à la chambre qu’un jour elle serait utilisée contre le MMD lorsqu'un de leurs candidats aurait des parents nés hors de Zambie», souligne Panji Kaunda, fils de l'ex-président.

«J’espère que le prochain gouvernement nous apportera des lois qui permettront à tous les citoyens de jouir de leurs droits dans le pays.»

Lu sur Africa Review