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André Moïse Traoré-Nignan, représentant de la majorité politique : « Nous sommes en partie comptables des difficultés que connait l'enseignement supérieur »

Homme politique, André Moïse Traoré-Nignan, est l'un des ténors actuels du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti au pouvoir. Il représente la majorité aux travaux des Etats généraux sur l'enseignement supérieur au Burkina qui se tient du 13 au 15 juin 2013 à Ouagadougou. Dans cette interview, il reconnait la part de responsabilité de la majorité politique dans les difficultés que traverse actuellement l'enseignement supérieur au Pays des hommes intègres.

Lefaso.net : On assiste chaque année à des manifestations d'étudiants pour protester contre la manière dont les universités sont gérées. Cela ne relève-t-il pas pour la plupart de l'incompétence des hommes qui sont nommés à la tête de ces établissements ?

André Moïse Traoré-Nignan : Ce ne sont pas les hommes qui manquent de compétence. Tous ceux qui ont dirigé nos universités sont compétents. Mais face à des difficultés qui les dépassaient ou qu'ils ne s'imaginaient pas, ils n'ont pas toujours pas eu de solutions. Parce que les solutions ne viennent pas toujours d'eux car ils doivent très souvent se référer à d'autres centres de décision. Et lorsque vous n'avez pas les moyens de votre politique, vous êtes toujours dépassé.

Certains estiment que la majorité, qui dirige le pays, est comptable de cette situation. Que répondez-vous ?

Nous sommes responsables puisque c'est nous qui désignons les premiers responsables de ces établissements. Comme je vous le disais, les problèmes ne résident pas dans les hommes que nous choisissons. Mais s'il n'y a pas les moyens adéquats et que les structures ne suivent pas, il est difficile de résoudre certains problèmes. Prenons juste la massification des effectifs des étudiants qui s'est produite ces dernières années. Nous sommes passés, en 10 ans, d'environ 9 mille étudiants à 40 mille. Cette massification n'était pas prévisible parce qu'elle a été occasionnée par un flux massif d'étudiants d'autres pays pour cause de guerre vers le Burkina Faso. Cela a fait que les normes ont été dépassées alors que les infrastructures n'ont pas suivi. Nous avons donc atteint un seuil difficile de gestion. Cela commande de prendre des mesures. C'est dans ce sens que les Etats généraux sont organisés.

Quelles solutions proposez-vous pour résoudre les problèmes de gouvernance des universités que vous avez diagnostiqués ?

D'une manière générale les solutions sont consensuelles. Les participants doivent travailler sur un document qui avait été élaboré et qui résumait les problèmes et proposait des solutions. L'essentiel de ces assises est que tout le monde a pris conscience qu'il y a des problèmes. Et il va falloir y trouver des solutions.

Vous avez aussi évoqué la sécurité dans les universités qui est un sujet préoccupant ces dernières années. Quelles sont les solutions qui se dégagent ?

Il a été arrêté qu'une société compétente soit recrutée pour s'occuper de ces questions de sécurité. Nous avions fait l'expérience des sociétés de vigile mais il se trouvait que ces sociétés avaient même des problèmes de gouvernance. Pour cela, nous avons insisté sur la nécessité d'engager une société compétente pour résoudre les problèmes de vol d'engins, d'agressions et autres. Cette société aura aussi pour mission de nettoyer l'université de ces personnes (fou, commerçants ambulants, commerçantes non autorisées de marchandises diverses) qui errent sur le campus. Car un centre universitaire n'est pas accessible à tout le monde. L'accès doit de ce fait être pacifié et réservé aux acteurs du monde universitaire.

Pour pacifier les universités, il a aussi été proposé de faire un moratoire dans lequel chacun prendra l'engagement de ne pas aller en grève et même d'arrêter les piquets de grève dont le rôle est de convaincre de façon pacifique tout le monde à aller en grève.

Le troisième axe de vos travaux était l'éthique. Qu'en est-il ressorti ?

Des éléments ont été mis à nu. L'université doit être un haut lieu d'intégrité où la sagesse est en avant. Car il a été à plusieurs reprises fait cas des notes sexuellement transmissibles. Il est clair qu'il faut promouvoir l'intégrité et il est inconcevable que des gens falsifient les notes des étudiants. Un code de déontologie doit être élaboré afin que les enseignants fassent des universités des lieux de morale et d'intégrité.

Des Etats généraux sortiront des conclusions. Confirmez-vous que la majorité veillera à leur mise en ½uvre ?

Il est évident que ces recommandations seront mises en ½uvre. L'expérience nous a amenés à mettre en place dans certains cas un Comité de suivi de la mise en ½uvre des recommandations. J'espère que ce sera aussi le cas ici afin de nous permettre de veiller à la mise en ½uvre des conclusions de ce qui sortiront d'ici.

Jacques Théodore Balima

Lefaso.net

Le Faso

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