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Zimbabwe: les pays voisins arbitres des élections

Plusieurs chefs d'Etat d'Afrique australe (SADC) tiennent samedi à Maputo un sommet test pour la crédibilité de l'organisation régionale qui doit examiner la situation au Zimbabwe, alors que le pays n'est pas prêt pour tenir des élections libres, selon des analystes.

M. Mugabe, au pouvoir depuis 33 ans et candidat à sa propre succession malgré ses 89 ans, a décidé que les élections législatives et présidentielle auraient lieu le 31 juillet.

Ce faisant, il a relancé une crise ouverte avec son Premier ministre et principal opposant Morgan Tsvangirai, qui exige le vote préalable de réformes pour limiter la mainmise présidentielle sur les médias et faire un grand ménage dans les forces de l'ordre, largement inféodées au chef de l'Etat.

Si la SADC elle-même ne peut pas trancher, elle a cependant un rôle clé à jouer.

C'est elle qui a empêché le pays de sombrer dans la guerre civile en 2008 et parraine depuis les efforts en faveur de la démocratie au Zimbabwe. Elle a contribué à un semblant d'armistice entre MM. Mugabe et Tsvangirai, les obligeant à cohabiter depuis quatre ans dans un gouvernement d'union nationale qui a permis un début de redressement économique.

Cette trêve n'empêche pas que les opposants au camp présidentiel soient régulièrement en butte à la répression, mais elle a permis l'adoption en mars d'une nouvelle Constitution, validées par tous les partis et nettement plus démocratique, au moins sur le papier.

C'est aussi la SADC, et notamment l'Afrique du Sud représentée samedi par le président Jacob Zuma, qui devra passer à la caisse pour trouver les 132 millions de dollars nécessaires à l'organisation du scrutin que les caisses publiques zimbabwéennes exsangues ne peuvent pas financer.

"C'est un test pour la SADC. L'organisation régionale a demandé qu'il y ait des réformes avant la tenue du scrutin", observe le politologue Ernest Mudzengi.

"C'est vraiment un cas d'école pour voir si la SADC prouve qu'elle est un bloc régional fort capable de faire appliquer les principes démocratiques", ajoute M. Mudzengi. "C'est vraiment difficile pour la SADC et on ne peut pas prédire ce qui va se passer".

Plusieurs observateurs, de l'ONG Human Rights Watch à l'institut de recherche sud-africain Institut for Securities Studies (ISS), jugent que les conditions d'une élection vraiment libre au Zimbabwe ne sont pas réunies.

"Le pays n'est clairement pas prêt pour de vraies élections", a estimé cette semaine une note d'analyse d'ISS à Pretoria, recommandant que la SADC pousse pour un report du scrutin et menace le Zimbabwe d'une suspension, voire menace M. Mugabe lui-même de sanctions sur son patrimoine et ses déplacements.

"Les services de sécurité qui ont joué un rôle décisif lors des précédentes élections sont loin d'être impartiaux", "la télévision d'Etat, la radio et les journaux dominants continuent de suivre une ligne outrageusement pro-ZANU-PF", le parti de M. Mugabe, souligne cette note.

Et d'ajouter: "Il est temps que les leaders de la SADC abandonnent l'illusion que la ZANU-PF est capable de faire les réformes nécessaires toute seule".

"Nous prévoyons que la SADC va endosser notre position qui est d'aller aux urnes d'ici au 31 juillet et que la fixation du calendrier est bien une prérogative présidentielle", a déclaré, sûr de son fait avant le sommet, un porte-parole du parti présidentiel, Rugare Gumbo.

"Le Zimbabwe est un Etat souverain et nous appliquons la décision de la plus haute cour de justice. Nous espérons que la SADC nous soutiendra sur ce point", a-t-il ajouté.

"La proclamation de la date des élections par le président est conforme aux lois nationales", a également commenté Blessing Vava, un membre de l'assemblée constituante zimbabwéenne. Selon lui, "la SADC va probablement se contenter de demander des réformes avant les élections".

Depuis 2000, toutes les élections au Zimbabwe ont donné lieu à de graves violences politiques, notamment en 2008 quand M. Tsvangirai avait devancé M. Mugabe au premier tour. Des policiers ont alors participé aux violences contre les supporters de M. Tsvangirai qui firent plus de 200 morts.

AFP

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