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Madagascar - Rajoelina échappe encore à un attentat

L’instabilité persiste sur l’île de Madagascar. La Direction de la sécurité du territoire (DST) affirmait mardi 16 août avoir déjoué un projet d’assassinat qui visait le président de la Haute Autorité de la Transition (HAT) Andry Rajoelina, à la tête du pays depuis qu’il a chassé du pouvoir le président élu Marc Ravalomanana en mars 2009.

Le site Madagascar-Tribune rapporte mercredi 17 août cette information rendue publique au cours d’un point presse tenu la veille à Ambohitsorohitra. Charly Nakany, le commissaire responsable de la DST a dévoilé l’existence d’un attentat en préparation contre Andry Rajoelina ainsi que le président du Congrès de transition, Raharinaivo Andrianatoandro.

Le commissaire a ensuite exposé l’impressionnant arsenal de guerre destiné à abattre les deux personnalités politiques malgaches: cinq fusils, un pistolet et quelques 850 munitions. Une artillerie saisie à Moramanga, où vit l’un des quatre suspects.

Outre celui qui détenait les armes à feu, deux d’entre eux ont été identifiés par la DST. L'un est actuellement emprisonné à Mahajanga dans le cadre d’une autre affaire. Le troisième individu s’est rendu de lui-même aux autorités, après avoir appris que son domicile d’Ambohidratrimo avait été perquisitionné en son absence.

Cette opération fait suite à des informations recueillies par les Renseignements généraux de la HAT et confiées à la DST jeudi 11 août. Les RG étaient sur la piste de quatre individus projetant d’abattre Rajoelina et Andrianatoandro à l’occasion de la signature de la feuille de route de sortie de crise, prévue début septembre 2011.

«Le complot serait programmé pour le début du mois de septembre et serait exécuté aux alentours d’Akorondrano et du By Pass. L’enquête se poursuit aujourd’hui pour connaître le fin mot de l’histoire, mais les indices en notre possession convergent vers l’exactitude des renseignements», a déclaré Charly Nakany lors de sa conférence, rapportée par LINFO.re.

Les attentats et tentatives d’attentats se multiplient à l’encontre d’Andry Rajoelina ces derniers mois. Le 3 mars 2011, une bombe explosait au passage de sa Mercedes blindée sur la route du Marais Masay, sans toutefois faire de dégâts. Puis, le 28 avril 2011, c’est son jet privé qui était victime d’un sabotage sans conséquence.

Cette nouvelle affaire, fondée ou non, risque d'enliser un peu plus le pays dans la crise profonde qu'il traverse depuis plusieurs années. Elle pourrait conduire Andry Rajoelina à ne pas signer la controversée feuille de route. La communauté internationale veut pourtant que le chef d'Etat malgache s'y plie. Le retour d'exil de Marc Ravalomanana pourrait aussi être compromis.

Lu sur Madagascar-Tribune et LINFO.re