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Les banques mozambicaines se cherchent des clients

Au Mozambique, une grande partie de la population préfère encore garder ses économies à la maison que de les confier aux banques. C’est en tout cas le constat fait par BBC News Africa, qui rapporte de nombreux témoignages recueillis sur place: 

«Je pense que garder son argent à la maison c'est une manière de mettre de l'argent de côté. Le seul risque avec ce genre d’épargne, c'est que vous pouvez oublier où vous avez mis votre pécule», déclare avec humour une jeune femme de 28 ans.

Bernicie Kotel, un autre habitant de Maputo, la capitale possède un compte en banque mais ne l’utilise pas:

«Je ne laisse pas d'argent sur ce compte car je gagne moins de 200 dollars [140 euros] par mois. Ce n’est pas suffisant pour mes dépenses de santé, d'électricité, d’éducation ou de logement, donc je ne peux pas épargner à la banque.»

Cette situation a donc poussé le président Armando Guebuza à lancer au mois de juin une campagne nationale de promotion de l’épargne.

Expliquant le but de la campagne, Guebuza a déclaré:

«Le gouvernement va continuer l'amélioration des infrastructures socioéconomiques afin que les banques et autres établissements financiers installent leurs succursales dans plusieurs districts du pays.»

Il faut dire qu'actuellement, seuls 52 des 128 districts du pays bénéficient de services bancaires.

Les autorités espèrent que ce recours à l’épargne permettra un développement plus rapide du pays. Car le Mozambique reste l’un des pays les plus pauvres de la planète: 70% de la population vivrait sous le seuil de pauvreté (CIA, 2001).

Pourtant, le journaliste économique Manuel Camilo estime que la majorité des salariés du secteur informel garde encore une économie substantielle. Il s’agit donc pour le gouvernement de rendre disponible ces revenus pour promouvoir l’investissement.

Mais la campagne suscite quelques réserves. Selon certaines estimations, 66% des Mozambicains vivent en milieu rural et n’ont donc pas accès aux services bancaires. A ces difficultés s’ajoute le manque d’infrastructures, notamment dans le domaine du transport.

Lu sur BBC News Africa