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Afrique du Sud: même pour les écoliers, Mandela est un héros

Pour les enfants des écoles sud-africaines qui n'ont jamais connu Nelson Mandela au pouvoir, le vieil homme de 94 ans hospitalisé depuis samedi à Pretoria est déjà un héros de l'histoire de leur pays.

A l'école primaire de Rosebank, un quartier aisé du nord de Johannesburg, les écoliers de 10 ans ont visiblement bien retenu les leçons d'histoire très imagées sur le champion de la lutte contre l'apartheid.

"Il était si pauvre que son père avait coupé son propre pantalon pour qu'il puisse avoir un pantalon pour son premier jour d'école", raconte Junior Luthuli, 10 ans.

L'anecdote est tirée de l'autobiographie de Mandela, "Un Long Chemin vers la Liberté".

"Et le pantalon était trop grand, et il n'avait pas de ceinture, alors son père a pris une ficelle pour l'attacher", interrompt avec conviction Sibusico Ncube, un camarade de classe.

D'autres enfants sont également fiers de traduire en anglais le prénom traditionnel xhosa de l'ex-président: Rolihlahla, qui signifie "Celui par qui les ennuis arrivent".

A chaque hospitalisation du père de la "nation arc-en-ciel", des écoles envoient ou apportent des messages, des fleurs et des voeux de prompt rétablissement.

Nelson Mandela est l'objet d'une vénération dans son pays, pour avoir négocié la fin du régime ségrégationniste de l'apartheid, au début des années 1990, en évitant des massacres interraciaux.

Madiba, comme l'appellent affectueusement ses compatriotes, s'est totalement retiré de la vie publique à peu près à l'époque de la naissance de ces écoliers.

Mais aujourd'hui, les programmes scolaires prévoient un enseignement sur sa vie et son oeuvre, qui commence d'ailleurs dès l'école maternelle, où l'on chante à la gloire de "Tata Mandela" (Papa Mandela).

En primaire, on étudie l'histoire de l'apartheid en même temps que la lutte pour l'indépendance de l'Inde. Mandela et Gandhi --qui a passé plus de vingt ans en Afrique du Sud-- sont les deux héros de ces combats historiques, présentés l'un et l'autre comme des dirigeants modèles.

"Je ne veux pas qu'il meure"

En théorie, le programme d'histoire prévoit aussi des cours sur le système politique américain, comme exemple de société démocratique. Mais certains enseignants sont assez réticents: "Ces enfants doivent d'abord apprendre leur propre histoire, entendre parler de Mandela, de De Klerk (le dernier président de l'apartheid, ndlr), avant qu'on commence à leur parler d'autres pays", explique Mia Flourentzou, qui enseigne l'histoire aux jeunes de 13 ans.

Autour des journalistes de l'AFP, les enfants continuent à trépigner joyeusement pour faire étalage de leurs connaissances: "J'ai entendu qu'il avait des problèmes avec ses poumons. Je suis triste parce que je ne veux pas qu'il meure. Il a beaucoup fait pour ce pays et il mérite le meilleur", assène Refiloo Mtheya.

En quelques minutes, la petite fille résume impeccablement l'histoire de Mandela, depuis le jour de sa naissance jusqu'à son élection en 1994, qui a fait de lui le premier chef d'Etat noir de son pays.

"Mandela est important parce qu'il a arrêté l'apartheid", reprend Luthuli, qui vient chaque jour de la township de Soweto, à plus de 30 km, dans cette école de bon niveau à Rosebank: "S'il n'avait pas fait ça, je ne serais probablement pas dans cette école!"

Et d'ajouter: "Je veux être comme lui. Je ne veux pas être corrompu comme certaines personnes."

Ncube, qui avait raconté l'anecdote du pantalon, abonde dans le même sens: "Il est très courageux, il s'est battu pour la liberté et il n'avait peur de rien. Il s'est battu contre le sida, et j'ai peur que s'il meurt, l'apartheid revienne peut-être."

Son institutrice Geraldine Nadas confirme que les enfants "comprennent très bien le rôle que Mandela a joué pour que nous soyons là où nous sommes aujourd'hui. C'est un sujet qui les passionne".

Lors de la dernière interrogation écrite, l'enseignante a montré à sa classe la photo mythique de Nelson Mandela saluant la foule le jour de sa sortie de prison, en 1990. Chacun devait dire en une phrase ce que cette image lui inspirait. "Enfin la liberté. Viva! Viva!", a écrit un élève, tandis qu'un autre notait: "Démocratie pour notre pays".

AFP

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