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Afrique du Sud : la santé de Nelson Mandela s'améliore, selon Jacob Zuma

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

La santé de Nelson Mandela "continue de s'améliorer" selon le président sud-africain Jacob Zuma qui lui a rendu visite jeudi, au sixième jour d'hospitalisation du héros de la lutte anti-apartheid, âgé de bientôt 95 ans.

"La santé de Madiba continue de s'améliorer mais son état demeure grave", a déclaré M. Zuma dans un communiqué, appelant son illustre prédécesseur par son nom de clan, en signe de respect et d'affection."Nous appelons toujours le peuple à prier pour Madiba et à lui souhaiter un prompt rétablissement".

Jeudi matin, le communiqué hebdomadaire du conseil des ministres s'est voulu également rassurant, soulignant que Mandela reçoit "les meilleurs soins médicaux" et qu'"il réagit bien au traitement".

Il s'agit exactement de l'expression utilisée par les autorités lors des précédentes hospitalisations du prix Nobel de la paix.

Dans la nuit de vendredi à samedi, Nelson Mandela avait été conduit à l'hôpital "dans un état grave".Il souffre d'une infection pulmonaire chronique, séquelle de ses 27 années de prison sous le régime raciste de l'apartheid.C'est sa quatrième hospitalisation depuis début 2011.

En dépit de ces déclarations rassurantes, les Sud-Africains restent inquiets.

"Je ne crois pas aux informations que j'entends, ils disent qu'il est dans un état stationnaire, mais dans un état grave", "j'ai l'impression que ça va mal", dit Anele Ndabeni, 28 ans, un habitant de la ville de Mthatha dans la province du Cap Oriental, , non loin du village de Qunu, où Mandela a passé son enfance.

Pour Retselisitsoe Thethe, 29 ans, un autre habitant de Mthatha, Mandela a le droit de mourir en paix."Ils devraient le laisser partir, naturellement.Ils le maintiennent en vie, mais son corps est fatigué".

Fer de lance de l'avènement de la démocratie multiraciale en Afrique du Sud en 1994, Mandela devrait fêter ses 95 ans le 18 juillet.Mais il est apparu de plus en plus diminué et l'air absent sur les rares images de lui divulguées aux médias, au fil des rechutes et des hospitalisations ces derniers mois.

Ces derniers jours, ses proches se sont succédé à son chevet au Mediclinic Heart Hospital de Pretoria, sans livrer la moindre indication à son sujet.

Jeudi sa plus jeune fille Zindzi lui a rendu une brève visite.

Faute d'information, les médias en sont réduits à surveiller les allées et venues devant la clinique, un établissement privé, tandis que des anonymes de tout âge viennent témoigner de leur affection avec un petit mot gentil confié aux médias, une bougie ou une tasse de café apporté aux policiers en faction.

Un bouquet de fleurs a été déposé devant l'entrée, accompagné d'une carte disant "Sandu, le syndicat des forces armées, aime Madiba".

A chaque nouvelle alerte, les messages affluent.Mais cette fois, ceux qui l'ont connu préparent les esprits à une fin inévitable et rappellent que seul son combat restera immortel à condition que chacun, notamment en Afrique du Sud, le perpétue.

"Ce qui est important c'est de garder en mémoire la forme de son engagement.Nelson Mandela est très malade, Desmond Tutu est aussi très vieux.Naturellement ils disparaîtront un jour", a commenté le dalaï lama, lors d'un déplacement en Nouvelle-Zélande.

"Ce qui est important, c'est que perdurent leur enseignement et leur esprit", a poursuivi le dirigeant spirituel tibétain, grand ami de l'archevêque noir Desmond Tutu."Je considère comme étant de ma responsabilité qu'ils continuent à nous inspirer même après leur mort".

Denis Goldberg, 80 ans, l'un des derniers vétérans du procès de Rivonia à l'issue duquel Nelson Mandela fut condamné à perpétuité à l'âge de 45 ans en 1964, confiait jeudi au journal Star une certaine gêne devant l'insistance des médias autour la personne de Mandela.

"Cela contraste tellement avec l'altruisme dont il a fait preuve", a-t-il dit.Ce n'est pas lui faire honneur que d'imaginer Nelson Mandela comme un homme qui aurait "apporté la liberté à lui tout seul.Mandela était un leader capable de mobiliser, d'inspirer l'action collective".

"On loue Mandela pour son sacrifice mais nous ne sommes toujours pas préparés à l'idée qu'il faut nous sacrifier nous-mêmes", a ajouté M. Goldberg, seul Blanc condamné à Rivonia et qui échappa à l'île-bagne de Robben Island où Mandela a passé 18 de ses 27 années de prison.

Libéré en 1990, Mandela a été de 1994 à 1999 le premier président noir de son pays, un dirigeant de consensus qui a su gagner le coeur de la minorité blanche dont il avait combattu l'oppression.

Retiré de la vie politique, il n'est plus apparu en public depuis 2010.

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