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La Guinée équatoriale fait le ménage avant le sommet de l'UA

Depuis les manifestations à répétition au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, par peur de la contagion, tous les rassemblements sont interdits en Guinée équatoriale. En vue du prochain sommet de l’Union africaine (UA) qui se tiendra dans la capitale, Malabo, à partir du 28 juin 2011, des mesures préventives et des vagues d’arrestations destinées à circonscrire tous les attroupements associatifs ou populaires sont constatées.

Le directeur adjoint d’Amnesty International, Tawanda Hondora a condamné ces arrestations de plus en plus fréquentes concernant des membres de l’opposition mais aussi des étudiants et des étrangers:

«Les autorités équato-guinéennes doivent mettre fin à cette vague extrêmement alarmante d’arrestations, d’actes de torture et d’autres mauvais traitements visant des personnes qui ne font qu’exercer leur droit à la liberté d’expression. Le gouvernement du président Obiang figure déjà parmi ceux qui commettent le plus de violations des droits humains en Afrique et la persécution continuelle des opposants politiques est déplorable», a-t-il déclaré.

Alors que la fin de l’année scolaire avait été anticipée en vue du sommet de l’UA —une mesure dénoncée par l’opposition affirmant que les élèves n’avaient rien à voir avec l’organisation de l’événement, indique Afreekelection— une centaine d’étudiants auraient été arrêtés par les forces de l’ordre équato-guinéennes puis détenus plusieurs jours fin mai 2011 dans la ville portuaire de Bata.

Par ailleurs, sept membres de l’opposition ont été interpellés le 9 avril, parmi lesquelles Loeto Sepa et Anselmo Ichaikoto, présumés membres du Mouvement pour l’autodétermination de l’île de Bioko (Maib). Ils ont été relâchés sans motif le 23 avril.

Enfin, des étrangers sans papiers ou détenteurs d’un titre de résidence provisoire, auraient été la cible de descentes de police à Bata, et auraient été arrêtés et maltraités. Un procédé injustifié, condamné par Tawanda Hondora:

«Ces raids aveugles contre des populations immigrées doivent prendre fin. Tous les migrants sans papiers doivent être traités avec humanité et dans le respect de la loi. Les autorités doivent enquêter sur ces allégations», avait indiqué Hondora.

Les mesures répressives en prévention du sommet de l’UA s’intensifient depuis plusieurs mois en Guinée équatoriale. Les médias locaux sont tenus de ne pas communiquer sur les révoltes arabes et le conflit libyen. En mars 2011, d'après le site association France-Guinée équatoriale, un journaliste de la radio d’Etat de Guinée équatoriale, Juan Pedro Mendene, avait été «suspendu» par les autorités, et son émission avait été brusquement interrompue:

«Le gouvernement équato-guinéen est le seul d’Afrique à avoir imposé un black-out médiatique total sur l’actualité liée à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient», avait déclaré Mohamed Keita, coordonnateur Afrique pour le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le président de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo avait été désigné président en exercice de l'UA à l'issue du 16e Sommet de l'Union qui s'était déroulé du 29 au 31 janvier 2011 dans la capitale éthiopienne Addis Abeba.

Lu sur Amnesty International, Afreekelection