SlateAfrique

mis à jour le

A Yaoundé, des philtres d'amour tueurs de Belges

L’amour tue. C’est du moins l’hypothèse du Parquet fédéral belge qui a ouvert une enquête sur la mort troublante de dix Belges au Cameroun, selon La Dernière Heure. Les décès semblent s’étaler sur cinq ans. Le point commun de ces dix hommes: ils avaient tous rencontré de jeunes femmes camerounaises sur Internet et s’étaient rendus sur place pour y trouver l’amour et se marier.

«Il se peut que l’on découvre que ces personnes —ou certaines— sont mortes d’une bactérie africaine(…). Il y a eu dix Belges morts au Cameroun. Dire qu’il s’agit de dix assassinats, ce sont, au stade actuel, des spéculations», tempère Lieve Pellens, porte-parole du Parquet fédéral.

Mais ce conte de fées numérique a pu virer au cauchemar. La thèse de l’empoisonnement est la plus plausible pour la presse belge. Un des cas connus est celui de Michael Pietquin, mort en 2005. Six mois après avoir rencontré sur Internet Nadège, une Camerounaise, le jeune homme de 30 ans décide de partir à Yaoundé. Selon son père, Michaël confie dans son dernier message que Nadège lui avait fait manger «beaucoup trop de plantes de style aphrodisiaque et autres», avant leur mariage coutumier prévu un peu plus tard. Trois jours après ces nouvelles, la jeune femme annonce elle-même sa mort. Son père a fait rapatrier la dépouille. Il serait mort d’une «overdose de paracétamol».

Les circonstances de ce décès rappellent celle de Stéphane S., un autre ressortissant belge décédé. Ce jeune retraité de la Force aérienne se rend à Yaoundé pour les mêmes raisons que Michaël Pietquin de novembre 2009 à mai 2010. L’homme de 52 ans rentre en Belgique après des problèmes d’argent.

«Papa a le teint jaune, il est épuisé(…). Pour lui, c’est qu’une mauvaise grippe(…) il a été comme complètement envoûté» assurent ses enfants. Selon eux, sa femme au Cameroun, âgée de 33 ans, aurait déjà demandé à un avocat la procédure à suivre pour récupérer l’héritage.

Les deux familles ont porté plainte. Le site du ministère des Affaires étrangères à Bruxelles met en garde contre «la recrudescence de (ces) rencontres entre des jeunes Camerounaises et des Belges bien plus âgés, souvent retraités». Et conclut, d’un ton prémonitoire: «Il arrive fréquemment que ces rencontres se terminent mal pour ces Belges

Le consul de Belgique à Yaoundé relativise toutefois ces accusations d’apprenties-sorcières. Selon lui, ce taux de mortalité élevé serait lié à l’âge des Belges décédés «qui séjournent souvent au Cameroun de façon précaire». Et rappelle qu’il existe beaucoup de couples belgo-camerounais, et eux, bien vivants.

Lu sur La Dernière Heure, RFI, Afrik.com