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La rééducation, un processus long

La rééducation est un processus long lorsqu'un patient a été victime d'accident vasculaire cérébral (AVC) laissant des déficits neurologiques, souligne un spécialiste sollicité par l'AFP, alors qu'une «période de réadaptation fonctionnelle» est évoquée par ses médecins pour le président Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé à Paris depuis 47 jours. «A partir du moment où il y a eu AVC avec séquelles, ou plus exactement avec des déficits neurologiques, c'est une rééducation qui prend du temps. On ne parle pas en jours ni en semaines, mais en mois», a dit à l'AFP le docteur Xavier de Boissezon, professeur de médecine physique et de réadaptation, spécialisé en neurologie au CHU de Toulouse. «Par exemple, la récupération d'une hémiplégie se fait sur 6 mois à un an et celle de l'aphasie (troubles du langage oral et écrit) sur un à deux ans. Cette vitesse, très lente pour le patient, est celle du cerveau dont des zones (et des neurones) sont détruites par l'AVC. Il a besoin de ce temps pour trouver d'autres solutions, d'autres itinéraires pour récupérer le contrôle de la motricité ou du langage», explique-t-il. «Pour l'héminégligence, ce délai est très variable d'une personne à l'autre : d'un mois à un an environ.» Dans le syndrome d'héminégligence, le patient ne prête plus attention à ce qu'il y a ou à ce qui se passe du côté de son hémiplégie, le côté gauche le plus souvent. En revanche, «un tout petit AVC peut récupérer très vite» et «un accident ischémique transitoire (AIT) sans séquelle (évoqué fin avril en Algérie, ndlr) récupère en moins de 24 heures et ne nécessite pas une hospitalisation d'un mois et demi, deux mois», ajoute le professeur de Boissezon. Au cours de la rééducation, le kinésithérapeute fait faire au patient des exercices pour essayer de réveiller la commande motrice (attraper un objet avec la main, marcher...). Les robots d'assistance contribuent à ce travail de rééducation. Système de verticalisation et tapis roulant font aussi partie des instruments de routine. Plus généralement, la rééducation se fait en fonction des déficits observés et des éventuelles pathologies préexistantes (diabète, etc.). «Il s'agit de faire des progrès pour récupérer une autonomie maximale.» Les  principaux facteurs de risque sont l'hypertension artérielle, le tabagisme, le diabète, l'excès de cholestérol, auxquels viennent s'ajouter des antécédents familiaux d'accident cardiovasculaire précoce (infarctus, mort subite ou AVC), les troubles du rythme cardiaque et l'embonpoint abdominal ou stress. L'AVC est plus souvent dû à un caillot (AVC ischémique) qu'à une hémorragie.  

El Watan

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