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Bourse de Casablanca : Nécessité d’une réglementation intelligente et de produits diversifiés

"Bourse de Casablanca : quelle trajectoire de croissance ? Enjeux, modèles et stratégies de développement» : tel a été le thème de la conférence organisée le lundi 10 juin 2013 par la Bourse de Casablanca, en partenariat avec le cabinet Chappuis Halder & Cie. Cette rencontre, intervenue à la veille du déclassement du Maroc de «pays émergent» à «pays frontière» de l'indice Morgan Stanley Capital International Emerging Market -MSCI EM-, a été l'occasion de se pencher sur les modèles à même d'assouvir les ambitions visant à transformer Casablanca en place financière régionale.

Ainsi, selon M. Dominique Brutin, ancien Directeur Général de la Bourse de Paris (1997-2000) et PDG d'Atos Euronext (2000-2005), grâce aux introductions en Bourse, à la mise en place de règles stricts protégeant les investisseurs en bourse et au développement d'outils d'informations financières, la place parisienne avait vu le nombre de ses investisseurs individuels atteindre la barre des 12 millions en 2002 (pic historique), avant de tomber à environ 3 millions actuellement à cause, en partie, de la crise. Pour sa part, M. Bruno Lemière, Expert Bourse & Marché de capitaux, Arche Expert, réseau Chappuis Halder & Cie, s'est attardé sur les «prérequis, facteurs différenciant et l'innovation», nécessaires au développement d'un marché boursier. Pour lui, le développement d'un marché nécessite 4 prérequis fondamentaux : transparence des acteurs du marché (Bourse, sociétés de bourse, etc.), stabilité dans le temps, règlementation boursière claire et éducation autour des marché financiers. De plus, ajoute t-il, «il faut aussi des institutions efficientes qui accompagnent le développement du marché boursier». En outre, explique t-il, un marché boursier qui se développe ne peut se déconnecter des tendances du secteur aussi bien au niveau technologique que fonctionnel. Au niveau technologique, la réglementation tend à s'orienter vers la réduction des risques systémiques. Et dans cette optique, «pour une bourse, avoir un système de trading est une évidence». Seulement, conseille t-il, «il faut mettre en place un système simple et suivre les tendances du marché». Sur ce point, M. Hajji souligne que «la Bourse de Casablanca va bientôt acquérir une nouvelle plateforme de cotation totalement ouverte sur toutes les classes d'actifs».

Au niveau fonctionnel, il est essentiel qu'une place dispose d'une très large gamme de produits en plus du marché du cash. Ce n'est pas le cas actuellement pour la place de Casablanca qui souffre énormément de cette situation. «Il ne faut pas hésiter à innover et à lancer de nouveaux produits financiers», a conseillé M. Lemière, donnant l'exemple de la Bourse de Malaisie qui s'est métamorphosée en l'espace de 10 ans, en mettant en place presque tous les produits dont a besoin un marché boursier : marché à terme, prêt emprunt de titres, Etfs, sukuks, etc. Cette politique d'innovation a contribué fortement au développement de cette place boursière.

Développer le marché local d'abord

Au Maroc, toute une série de réformes a été lancée depuis plusieurs années, dont le marché à terme, le prêt emprunt de titre, le changement du statut de la Bourse de Casablanca, etc. Plus récemment, la place s'est engagée sur la mise en place de nouveaux produits : Etfs, fonds immobiliers, sukuks, compartiments des PME, etc. Malheureusement, ces nouveaux produits tardent à sortir des carcans administratifs. Du coup, la place reste essentiellement une place de cash en actions, d'où l'urgence d'accélérer les réformes et de diversifier l'offre de la place avant le lancement effectif de Casablanca Finance City.

Allant dans le même sens, M.Philippe Planchat, Partner Chappuis Halder & Cie, souligne que «la Bourse est au centre d'un écosystème qui repose sur l'intelligence collective : banques, sociétés de bourse, régulateurs, gérants de fonds, etc.». Citant les succès des places financiers de Singapour et de Genève, il a expliqué que ces deux pays s'appuient sur leurs spécificités locales (capitalisme familial développé en Suisse et forte présence de l'Etat dans le capitalisme singapourien avec la mise en place de fonds d'investissement souverains) pour le financement de leurs économiques. Pour lui, «pour développer la bourse, il faut capitaliser sur les circuits d'épargne et mettre en place des canaux à même de drainer celle-ci vers le marché boursier». Enfin, sur le volet développement régional, «ce n'est qu'une fois avoir développé le marché local qu'il faudrait envisager le développement au niveau régional», souligne t-il. Et pour se faciliter la tâche, il est fondamental de mettre en place un cadre règlementaire intelligent car «la qualité de la réglementation sera la clé de succès du développement du marché», a-t-il conclu.

MD

La Nouvelle Tribune

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