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Zimbabwe : le Premier ministre refuse des élections sans réformes préalables

HARARE (AFP) - (AFP)

Le Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangirai a affirmé mercredi qu'il s'opposerait à l'organisation d'élections aussi longtemps que les réformes promises pour rendre le scrutin libre et démocratique ne seraient pas adoptées.

S'adressant au président Robert Mugabe, qui souhaite organiser un scrutin avant fin juillet, M. Tsvangirai a lancé : "Vous ne pouvez pas fixer une date pour une élection sans mon accord.Je ne donnerai pas mon feu vert pour cette date tant que nous ne serons pas d'accord."

"La question n'est pas la date des élections.La question, c'est de savoir si les conditions de cette élection sont crédibles, libres, honnêtes, légitimes et non contestées", a-t-il ajouté devant des organisations de la société civile.

Le 2 juin, M. Mugabe, au pouvoir depuis 1980, avait annoncé qu'il se plierait à une injonction de la Cour constitutionnelle, qui l'a sommé de fixer une date pour les élections avant le 31 juillet.

Les élections au Zimbabwe doivent mettre fin au fragile gouvernement de cohabitation instauré sous la pression internationale en 2009 entre MM.Mugabe, président, et Tsvangirai, Premier ministre, pour éviter une guerre civile, après les violences qui avaient fait environ 200 morts entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2008.

"Nous voulons être certains que tous ceux qui désirent s'inscrire sur les listes puissent le faire, et que tous les obstacles posés (à l'inscription sur les listes) soient levés", a dit M. Tsvangirai, qui insiste également pour que les réformes prévues des médias et des forces de l'ordre soient adoptées.

"Il faut encore que les forces de sécurité soient dotées d'un code de conduite pendant les élections", a ajouté le Premier ministre.

Les forces de l'ordre et les médias au Zimbabwe sont notoirement inféodés aux partisans de M. Mugabe.

Robert Mugabe, au pouvoir de façon ininterrompue depuis trente-trois ans dans un pays qu'il a conduit à l'indépendance puis à la crise économique, entend une nouvelle fois se succéder à lui-même.

Une nouvelle Constitution, adoptée par référendum en mars, limite pour la première fois le pouvoir présidentiel à deux mandats, soit dix ans maximum, mais ne s'applique pas rétroactivement à M. Mugabe, qui a 89 ans est le plus vieux chef d'Etat africain.

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