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Autant le dire… : Pour une fois la Justice a véritablement tranché

Le vendredi 7 juin 2013, votre journal L'Express du Faso publiait dans sa rubrique Palais de Justice, le résumé d'une affaire portant sur un abus de confiance où le prévenu a écopé d'une peine. « Il voulait ternir l'image de la justice », titrions-nous sur un dossier dans lequel le prévenu tentait d'incriminer un juge qu'il n'a pourtant jamais rencontré. Ainsi voulait-il, selon le substitut du procureur, ternir l'image de la justice. Que beaucoup de Burkinabé trouvent déjà bien « pâle ». Car selon eux l'image de la justice est ternie depuis belle lurette, en témoignent, les dossiers pendants bien rangés et entassés dans des tiroirs à deux-tours, ou pire, tout simplement classés non-lieu.

De toute évidence, les Burkinabè semblent ne plus croire en leur justice qu'ils trouvent corrompue et incapable de trancher véritablement une affaire digne d'intérêt. Ou encore de dire le droit tel qu'il doit l'être en fonction de la nature du dossier. Pourtant tout n'est pas « noir » et/ou « téléguidé » au niveau de ce troisième pouvoir dit judiciaire.

La preuve ? Les assises criminelles de la chambre criminelle de la Cour d'Appel de Bobo-Dioulasso délocalisées et tenues du 3 au 8 juin 2013 à Gaoua dans la Sud-Ouest du pays. Pour l'occasion, 15 dossiers de crime de sang notamment de meurtre, viol, d'association de malfaiteurs... étaient inscrits au rôle. Après la cérémonie d'ouverture, les juges ont statué sur un dossier de crime de sang datant de 2008 et au terme de la délibération, l'accusé a été condamné à la perpétuité. De vieux dossiers de 8 à 12 ans dont la moitié des accusés ont été déférés au parquet. Dans un autre dossier d'assassinat, le prévenu a été condamné á la prison à vie. Des peines de 5 à 10 ans ont été aussi prononcées lors de ces assises criminelles à Gaoua. Il s'agit donc là de décisions judiciaires qui témoignent, selon un justiciable, de l'objectivité et de l'engagement désormais ferme de la justice de dire le droit. En tout cas, au cours des assises de Gaoua, bien que les dossiers ne soient pas « frais » (ce qui peut pourtant s'expliquer par le fait des instructions qui peuvent être longues quand il s'agit des affaires de crimes), des peines « objectives » ont été prononcées à la hauteur des forfaits.

En ayant la main si lourde à partir de cette région, la justice donne un signal fort à tous ceux qui, partout sur le territoire national, croient qu'ils sont au-dessus de la loi. Sauf qu'en matière de justice au Burkina Faso, beaucoup d'efforts restent encore à fournir par l'ensemble des acteurs (les autorités politiques, les autorités judicaires et pénitentiaires, les juges, la population en général, les prévenus, les détenus, la police, la gendarmerie et les gardes de sécurité pénitentiaire, bref chaque acteur à des degrés divers). L'incivisme, les vindictes populaires, les casses d'édifices publics et privés... sont entre autres, des actes déplorables que posent des citoyens défiant ainsi la justice. Pour peu qu'un évènement malheureux survienne, on n'attend plus la justice, on se rend justice soi-même. De plus, la justice aura à redorer son blason en statuant enfin sur les dossiers « brûlants », mais qui semblent être refroidis, à l'image par exemple du cas Ousmane Guiro (qui doit être officiellement innocenté ou condamné) et de bien de dossiers de détournement de biens publics dans lesquels bien des dinosaures présumés coupables sont cités mais qui, malheureusement dorment dans les tiroirs poussiéreux aux palais de justice. C'est en cela que le pouvoir judiciaire retrouvera certainement ses lettres de noblesse.

Bassératou KINDO

L'Express du Faso

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