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Côte d'Ivoire: le porte parole de Gbagbo craint la torture s'il est extradé

L'ancien ministre ivoirien du Budget Justin Koné Katinan, acteur-clé de l'ère Gbagbo, a déclaré mercredi qu'il craignait d'être torturé s'il était extradé du Ghana vers la Côte d'Ivoire.

Arrêté au Ghana en août, M. Koné Katinan est recherché par la Côte d'Ivoire pour crimes économiques durant la sanglante crise post-électorale (environ 3.000 morts) ayant suivi le refus de l'ex-président Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara, après sa défaite à la présidentielle de novembre 2010.

Sous le coup de 20 chefs d'accusation de complot et de vol, il s'exprimait mercredi au cours d'une nouvelle audience d'un tribunal ghanéen consacrée à la demande d'extradition présentée par la Côte d'Ivoire.

"Ils vont me torturer et je vais finir handicapé" de retour en Côte d'Ivoire, a déclaré M. Koné Katinan à la presse devant le tribunal d'Accra.

M. Koné Katinan dit avoir failli être renvoyé immédiatement en Côte d'Ivoire au moment de son arrestation, en août, puis avoir été sauvé de justesse par son avocat qui a contesté son extradition devant la justice.

Il dit avoir fui vers le Ghana peu après la chute de Laurent Gbagbo parce qu'il avait entendu dire qu'il risquait d'être tué, avec l'ancien ministre de l'Intérieur Désiré Tagro, par les forces loyales au président Alassane Ouattara.

M. Tagro est décédé dans des circonstances non encore élucidées au moment de l'arrestation de M. Gbagbo.

"Si je voulais sauver ma peau il fallait que je prenne la fuite", a déclaré M. Katinan mercredi.

Selon les organisations de défense des droits de l'Homme, le régime de Ouattara a poursuivi des centaines de partisans de Gbagbo mais très peu de ses propres partisans pour les crimes commis pendant la crise post-électorale.

Pour éviter d'être extradé, Justin Koné Katinan affirme que les accusations portées contre lui par son pays ont des motivations politiques et qu'elles sont orchestrées par l'actuel président Ouattara.

Laurent Gbagbo, qui a été arrêté en avril 2011 à Abidjan, est détenu depuis fin 2011 à La Haye où il doit être jugé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité.

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