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Syrie: nouvelle tuerie, efforts diplomatiques à Washington

Des rebelles sunnites ont abattu une soixantaine de chiites dans une nouvelle tuerie à caractère confessionnel dans le conflit syrien, au centre de discussions américano-britanniques mercredi à Washington.

Dans un nouveau débordement du conflit au Liban voisin, un hélicoptère syrien a bombardé Aarsal, une localité libanaise partisane de la rébellion hostile au régime de Bachar al-Assad, faisant des blessés, selon un responsable local.

L’armée libanaise a affirmé qu’elle ripostera “immédiatement” à toute nouvelle “violation” syrienne.

Environ une semaine après des combats au passage de Qouneitra sur le Golan, l’Autriche, a entamé le retrait de ses 378 Casques bleus au sein de la force de l’ONU pour l’observation du désengagement (FNUOD) entre la Syrie et Israël, théoriquement en état de guerre, faisant craindre un retrait d’autres pays.

Dans un nouvel épisode macabre du conflit, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a diffusé des vidéos montrant des hommes armés désignant des cadavres et des maisons en feu, au lendemain de la mort d’une soixantaine de chiites, en majorité des combattants pro-régime, dans le village de Hatlah dans la province de Deir Ezzor (est).

“Voici les chiites, voici votre fin, chiens”, crie l’un d’eux. “Sunnites, aidez votre communauté”, clame un autre, le front ceint d’un bandeau noir sur lequel est inscrite la profession de foi musulmane.

“Dieu est grand, toutes les maisons des chiites ont été incendiées (…) Voici les combattants du jihad (guerre sainte) célébrant leur entrée dans les maisons chiites infidèles”, clame un homme filmant la scène.

L’assaut du village a été donné en représailles à une attaque menée par des habitants contre un poste de la rébellion dans laquelle deux insurgés ont péri, selon l’OSDH, qui s’appuie sur un large réseau de militants et de médecins.

La Syrie est un pays à majorité sunnite mais gouverné depuis plus de 40 ans par le clan Assad qui appartient à la minorité alaouite, une branche du chiisme. Les rebelles sont en grande partie sunnites.

Le caractère confessionnel du conflit, qui a fait plus de 94.000 morts depuis mars 2011, a été exacerbé par l’engagement du Hezbollah chiite libanais, un allié indéfectible de M. Assad, dans les combats aux côtés de l’armée.

L’aide cruciale du Hezbollah a permis la semaine dernière à l’armée de reprendre le bastion stratégique rebelle de Qousseir situé dans la province centrale de Homs.

Forte de ce succès, l’armée avançait dans le quartier de Wadi Sayeh dans la ville voisine de Homs avec l’objectif de la reprendre entièrement, selon L’OSDH. Elle se prépare aussi à lancer un assaut sur les secteurs rebelles d’Alep (nord).

Aider les rebelles en mauvaise posture

“Le conflit est à un tournant”, a estimé Paris qui, comme Washington, réfléchit aux moyens de renforcer la rébellion, en perte de vitesse face au régime.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a déploré le fait que “les troupes de Bachar al-Assad et surtout le Hezbollah et les Iraniens, avec les armes russes, ont repris un terrain considérable. S’il n’y a pas de rééquilibrage sur le terrain, il n’y aura pas de conférence de paix à Genève car l’opposition n’acceptera pas d’y venir. Or il faut une solution politique”.

 

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Les succès de l’armée n’aident guère l’ONU, les Etats-Unis et la Russie dans leur tentative d’organiser une conférence internationale de paix, dite “Genève-2″, dont la date n’a pas encore été fixée.

A Washington, le secrétaire d’Etat John Kerry devait rencontrer son homologue britannique William Hague après que les Etats-Unis ont affirmé examiner “toutes les options” pour aider l’opposition.

Le président Barack Obama a demandé à son “équipe de sécurité nationale” “d’examiner toutes les options possibles qui nous permettraient de remplir nos objectifs pour aider l’opposition”.

Son homologue russe Vladimir Poutine a regretté que M. Assad n’ait pas engagé de réformes réclamées par le mouvement de contestation populaire lancé en mars 2011. Le pouvoir a, au contraire, réprimé ce mouvement qui s’est ensuite militarisé plongeant le pays dans la guerre civile.

“S’il avait agi différemment, tout cela ne serait pas arrivé”, a dit M. Poutine, dont le pays livre des armes au régime syrien.

Outre les 60 chiites tués à Hatlah, environ 200 personnes ont péri dans les violences mardi à travers le pays, selon l’OSDH.

Crédits Photo AFP

LNT

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