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Bouteilles de bière vides / Flickr CC
Bouteilles de bière vides / Flickr CC

Ne croyez pas ce que disent les Algériens: ils aiment la bière

La religion leur interdit d'avoir une activité en rapport avec l'alcool. Mais ils ne se font pas prier pour en boire.

L'industrie brassicole n'a pas la cote en Algérie. Interrogés par le quotidien El Watan, plusieurs patrons de micro-entreprises spécialisées dans la récupération de déchets se disent désintéressés par les possibilités offertes par l’alcool dans le secteur du recyclage. Ils excluent de collecter les bouteilles de bière pour les recycler, arguant des interdits religieux pour justifier leur choix.

Selon El Watan, l’Association nationale pour la protection de l’environnement et la lutte contre la pollution (Anpep) et certaines verreries du pays se refusent également à tirer un revenu de l’exploitation des bouteilles de bière, toujours sous couvert de prescription religieuse.

Seulement, le non-recyclage de ces bouteilles entraîne un gâchis écologique  —de nombreuses bouteilles polluent le littoral— mais aussi une énorme perte économique.

L’alcool semble proscrit de la vie professionnelle en Algérie, mais il est pourtant consommé très largement dans tout le pays, affirme le site du quotidien algérien. 120 millions de litres sont produits par an pour un marché annuel de 80 milliards de dinars.

Dans la ville d’Annaba, réputée pour ses habitants très pratiquants, la bière coule à flots dans les bars et les restaurants, dénonce le reportage.

M. Loucif, membre de l’Association des producteurs algériens de boissons (APAB) et barman, souligne le paradoxe des entrepreneurs qui refusent tout investissement lié à l’alcool, alors qu’ils sont des «buveurs invétérés.

Il y a bien quelques entreprises de récupération de déchets qui ne s’embarrassent pas de considérations religieuses, affirmant que «c’est le contenant et non pas le contenu» qui importe, mais elles restent minoritaires.

Les débits de boissons font l'objet d’une véritable action de prohibition. Citée par le quotidien, Meriem Bellil, secrétaire générale de l’APAB, déplore le fait que l’activité brassicole subisse «un véritable étau  de la part de la majorité des prestataires (…) qui refusent d’analyser un produit pourtant mis à la consommation».

Lu sur El Watan

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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