Tunisie - La bataille du porno continue

Les sites pornographiques sont toujours bloqués en Tunisie, victimes du célèbre «Ammar404», ainsi qu'y est surnommée l'erreur 404 en référence à l’ancien ministre de la Communication Habib Ammar.

La Cour d’appel de Tunis a en effet refusé lundi 15 août la demande de l’Agence tunisienne d’Internet (ATI) de suspendre l’obligation prononcée le 26 mai l’obligeant à filtrer les sites à caractère pornographique. Le verdict a suscité une réaction immédiate de la part de l’ATI, qui a décidé de faire appel en cassation.

Maître Turki, l'un des trois avocats qui avaient plaidé pour la censure de ces sites, s'est montrée satisfaite du verdict:

«La cassation n’a pas d’effet suspensif et donc l’ATI est obligée d’appliquer dès maintenant la décision de la cour d’appel».  

Outre les raisons culturelles et religieuses —ces sites étant perçus par certains comme contraires aux valeurs arabo-musulmanes— les trois avocats ont évoqué les scènes d'homosexualité (interdite en Tunisie) montrées sur les sites X pour constater que le caractère commercial de ces derniers était ainsi contraire à la loi. L’argument de la protection de la jeunesse a aussi été érigé du côté des plaignants, auquel la défense avait déjà répondu par le principe du contrôle parental et non de la censure.

Pour l’ATI, le problème est aussi d'ordre technique, comme le précise l'Agence dans un communiqué de presse publié le 15 août:

«l’ATI rappelle que jusqu’à ce jour et depuis le 14 juin 2011, le filtrage des adresses de sites pornographiques répertoriés par Smartfilter® n’a pu être réalisé pour les cinq fournisseurs de services Internet (Globalnet, Hexabyte, Orange Tunisie, Topnet et Tunet) sans constater des dégradations au niveau de la qualité de service (fluidité de trafic Internet) et ce malgré les maintes tentatives et actions réalisées dans ce sens.»

La décision signerait-elle le retour de la censure Internet en Tunisie? C’est que laisse croire un récent article du site nawaat, qui tire un bilan sept mois après la révolution. La blogueuse @douda25  Ã©voque le problème du «Droit fondamental à Internet» établi par l'ONU en 2011 et qui n’a pas de valeur juridique en Tunisie.

Interrogé par SlateAfrique, @Nayzek, spécialisé dans le curatoring et les nouvelles technologies prévoit de porter plainte pour atteinte aux libertés personnelles si le verdict de cassation approuve celui de la cour d’appel:

«Je pense clairement que c’est un problème de frustration sociale. Aucun pays ne mérite la censure, cette décision est une aberration.»

Lu sur Mosaïque FM, nawaat, Fhimt

 

l'auteur

Slate Afrique

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mise à jour 16/08/2011,

 
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