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AFRIQUE DU SUD - Le sushi de trop

Keny Kuene, un homme d’affaire sud-africain a provoqué la colère chez les défenseurs des droits des femmes.

Il s’est laissé aller à manger des sushis, sans fourchette ni baguettes, sur le corps d’une femme blanche en sous-vêtements sur le capot d’une voiture. La dégustation s'est déroulée le 30 janvier 2011 à l’occasion de l’inauguration de sa nouvelle boîte de nuit (le ZAR) au Cap.

Ce n’est pas la première fois qu’il s’illustre de la sorte et crée la polémique, puisque qu'en octobre 2010 à Johannesburg, pour fêter ses 40 ans, il avait dégusté cette spécialité japonaise à même le corps d’une femme noire.

La ligue des femmes de l’ANC (Congrès national africain, le parti majoritaire à l’Assemblée nationale) a fermement condamné ces agissements. Ce parti très influent dans le pays a toujours milité pour la cause féminine, notamment sous la présidence de figures telles que Winnie Mandela et Albertina Sisulu.

Le blog Posts Afrique du site Libération.fr rapporte les propos d'Edna Molewa, porte-parole de l’ANC:

«C’est une insulte aux principes et aux valeurs de l’ANC […], une tentative éhontée de miner les efforts consentis par tous ceux qui se sont battus pour l’émancipation et le respect des femmes dans notre pays».

L’affaire ne s’arrête pas là, puisque Julius Malema, président de la ligue des jeunes de l’ANC, a été aperçu aux deux soirées organisées par Keny Kuene. Pour mettre fin à la polémique, ce dernier, surnommé le «Sushi King», «a fait amende honorable […] et a promis de ne plus jamais manger de sushis sur des corps de femmes».

Il faut savoir que la société sud-africaine est particulièrement touchée par les violences perpétuées sur les femmes. Un sondage publié par l’institut Gallup en octobre 2009 rapporte qu'en Afrique du Sud, une femme est violée toutes les 17 secondes.

C’est le pays où sont recensés le plus grand nombre de viols, dont près de la moitié sont commis sur des mineures. Pour 97% de la population, le viol est un des «problèmes majeurs de leur pays».

Lu sur Posts Afrique (Libération.fr)