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Les aventuriers de la politique malienne : Attention aux prédateurs…

La crise de mars 2012 est, en elle-même, un rappel à l'ordre. Une crise comme une planche d'appel au regroupement, un appel à la conscience citoyenne. Une forte interpellation à taire ses égos et à mettre le Mali au dessus de sa petite et périssable personne. Mais c'est tout le contraire qui se pose aujourd'hui au sein de la classe politique malienne où les ambitions pour la magistrature suprême prolifèrent.

Le coup d'Etat du 22 mars 2012 n'a nullement eu raison des ranc½urs politiciennes, des règlements de compte, entre autres. Elle n'a rien ajouté à la sagacité d'un grand nombre de leaders politiques ou supposés tels, qui prétendent tous avoir la solution pour sortir le pays de l'ornière et faire le bonheur des Maliens. C'est la raison pour laquelle cette veille de présidentielle est la période la plus prolifique en termes de création de nouveaux partis politiques. Oumar Ibrahim Touré s'est tout à coup résolu à voler de ses propres ailes avec l'APR qui est né avec ses 33 dents ; il a été précédé par le Dr Hamed Sow avec le RTD ; Soumeylou Boubèye Maïga de l'Asma s'est joint à la partie, en dissidence de l'Adéma. Konimba Sidibé a fait le Modec ; la députée Safiatou Traoré a créé la Synouma ; Amadou Goita en rupture avec Bittar a porté sur les fonts baptismaux Yeelen Koura. Modibo Sidibé, l'ex premier ministre d'ATT a créé les Fares en grande pompe. A quand la rentrée en danse de Me Kassoum Tapo?

Autant d'anciens et nouveaux aventuriers politiques qui auraient gagné plus s'ils avaient pris l'option de plutôt faire triompher l'honnêteté politique, l'unité et la cohésion patriotique, dans un Mali qui peine à sortir d'une profonde crise démocratique et institutionnelle. Il est vrai que dans ce sérail hétéroclite, dominé par le FDR, d'anciens adeptes du consensus made ATT, l'ex président dribbleur, ayant fait leur mea culpa tardif en quête d'une hypothétique virginité politique, veulent revenir à la surface au grand galop, pour narguer le peuple qu'ils ont tant contribué à spolier en dix ans de règne marqué par la corruption élevée au niveau d'un art.

Que faut-il donc attendre de cette camarilla du festin public ? Aux dernières nouvelles, le peuple des électeurs, tous partis confondus, ne serait pas dupe. Il les attend de pied ferme dans les urnes. Pour leur apprendre le sens de l'honnêteté et de la vertu politique, dans un Mali qui se veut résolument démocratique et à l'abri des prédateurs de tout poil. Mais d'abord, est-ce que ces prédateurs auront les parrainages nécessaires pour espérer concrétiser leurs ambitions plus déloyales que louables ? Le contraire serait étonnant, car dans ces milieux on arrive toujours à s'arranger. Cette fois-ci ce ne sera sûrement pas sur le dos du peuple.
Lassana Coulibaly

Mali Web

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