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De l’Andalousie à Fès, un parcours civilisationnel

Le dernier débat programmé lors du forum de Fès “une âme pour la mondialisation”  , sorte de  “Davos spirituel” organisé dans le cadre de ce 19-è festival des musiques sacrées du monde, a été une fouille culturelle et civilisationnelle dans le patrimoine de la cité Idrisside pour tenter d’en dégager les traces de la civilisation andalouse, dont l’esprit guide les concerts et tables-rondes de cette édition.

Les chercheurs et spécialistes en champs disciplinaires divers qui ont accepté de se lancer dans cet exercice civilisationnel ont mis le doigt sur les différentes facettes et multiples points communs entre Fès et l’Andalousie, en particulier dans les champs de la pensée, de l’art et de la science, mais également à travers les traditions, l’habillement et autres formes d’expression.

A chaque époque de l’histoire, les catégories des artistes, des poètes, des philosophes ou encore des soufis se constituaient en porteurs de cet héritage et de cette influence réciproque entre les deux cultures, estiment-ils.

Pour le chercheur et écrivain, Ali Benmakhlouf, la majorité des familles qui se sont déplacées d’Andalousie dans les vagues d’immigration, forcée ou volontaires, pour poser leurs valises à la cité Idrisside ont gardé leurs noms andalous et veillé à entretenir leur patrimoine culturel et artistique et leur art de vivre ancestral.

C’est ainsi que Fès est devenue l’héritière légitime de la civilisation et du patrimoine andalous, considère le chercheur, qui étaie ses propos en citant les différentes expressions et manifestations de ce legs, qui a touché aux champs de la pensée et de la création littéraire. Les  oeuvres de grands poètes, écrivains, artistes et philosophes nés ou ayant vécu à Fès, comme Ibn Baja, Averroès ou Ibn Arabi, en témoignent parfaitement, renchérit-il.

Et c’est dans cet espace à ciel ouvert que science, philosophie et valeurs spirituelles ont enrichi une civilisation qui a toujours constitué un creuset entre les cultures, a encore souligné Ali Benmakhlouf. Le chercheur Michael Barry préfère placer la question de l’impact de la civilisation andalou dans un cadre plus global.  Il considère que l’étude de la civilisation andalouse, ses legs et ses influences partout dans le monde montrent à quel point elle a pu contenir en son sein l’essentiel de la pensée, des sciences et des civilisations universelles, en partant des grecques, en passant par les Byzantins et en arrivant à la civilisation islamique.

Ce mélange de traditions, de religions et de cultures n’est pas resté confinée en Andalousie ou limitée à une époque de l’histoire, note-il, considérant que des valeurs de tolérance, d’ouverture, de coexistence véhiculées depuis des siècles restent encore vivaces et trouvent harmonieusement des points de chute. Véritable point de rencontre entre différents horizons politiques, scientifiques, artistiques, culturels et spirituels, le forum de Fès a débattu, quatre jours durant, de la thématique “Nouvelles andalousies : solutions locales pour un désordre global”  .(MAP).

La Nouvelle Tribune

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