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Recherche sur le sorgho : DES AVANCéES NOTABLES

Les recherches du Dr Niaba Témé (à gauche) ont contribué à trouver une variété de sorgho à double usage

Les chercheurs de l'Institut d'économie rurale mettent à la disposition des paysans des variétés qui répondent à de nombreuses contraintes

Djakoumbè, Séguifa, Grinkan, Tchiandou-goukoura, Jigisemè, Sewa, Niéléni, Fada, Darrel Ken, N'Tenimissa et Sèguètana sont, entre autres, des variétés de sorgho que les paysans de plusieurs zones agro-écologiques connaissent et qu'ils ont baptisé de ces noms vernaculaires. Ces variétés sont le fruit de nombreuses années de recherche des scientifiques de l'Institut d'économie rurale (IER) dans le cadre des programmes de recherche sur le sorgho. Dr Niaba Témé fait partie de ces équipes de recherche sur l'amélioration variétale du sorgho. Ce chercheur qui a blanchi sous le harnois (il a commencé ses recherches sur le sorgho depuis les années 80) a collaboré avec plusieurs de ses collègues à la recherche sur le sorgho afin de fournir aux paysans des variétés qui répondent à un certain nombre de critères comme le gain de productivité, la qualité du grain (sur ses aspects culinaires), la tolérance au striga (une plante très nuisible qui se nourrit à partir des racines de la plante hôte), à la sécheresse, l'adaptation aux différents agro-systèmes. Ses recherches ont également contribué à trouver une variété de sorgho à double usage qui convient parfaitement pour la production de graines et de fourrage pour les animaux et pour la diversification dans l'utilisation du sorgho (adaptabilité à la transformation notamment pour les besoins de pâtisserie et de confiserie). Dr Niaba Temé qui est le responsable du tout nouveau Laboratoire de biotechnologie de l'Institut d'économie rurale (IER) basé à Sotuba et qui sera fonctionnel dans quelques mois, est un sélectionneur sur le sorgho, spécialisé dans le développement des variétés par l'application des marqueurs moléculaires. A ce titre, il travaille avec plusieurs autres de ses collègues sur le sorgho dans des disciplines transversales (programme sorgho, programme bovins, laboratoire sol-eau-plante etc). Après sa sortie des bancs de l'Institut polytechnique rural de Katibougou dans les années 80, Dr Niaba Temé a travaillé sur le programme Amélioration du mil, maïs et sorgho. Il a bénéficié d'une formation sur l'amélioration des cultures sèches à Hyderabad en Inde. Ses recherches sur le sorgho débutent avec sa contribution au programme sur la céréale à la station de recherche agronomique de Cinzana, où il a contribué à mettre au point la Collection sorgho du Mali (CSM) dans le cadre de l'amélioration des populations locales de sorgho. Les paysans de certaines localités de Ségou, Mopti, Bamako, Koulikoro, Kita, Koutiala, Kayes connaissent bien les variétés trouvées par l'équipe dans laquelle a travaillé Dr Niaba Temé. Les paysans ont tellement apprécié et adopté ces variétés qu'ils les ont baptisées de noms vernaculaires propres. Il a aussi contribué à la recherche sur le croisement des variétés locales avec des variétés introduites. L'objet de ces recherches est de trouver des caractéristiques intéressantes comme une meilleure productivité, la qualité du grain, la résistance ou tolérance au striga, à la sécheresse ou à certaines maladies, la diversification de l'utilisation de la céréale. C'est dans ce cadre que le développement des variétés par l'application des marqueurs moléculaires intervient. Le marqueur utilisé sur le génome de la plante permet d'identifier exactement le caractère recherché comme la couleur, la taille de la plante, la qualité du grain, la résistance ou tolérance aux attaques, à la maladie et aux mauvaises herbes (notamment le striga qui est redouté de tous les paysans). Dr Niaba Temé a utilisé les expériences acquises dans le cadre de l'application des marqueurs sur le maïs de la Fondation Syngenta pour travailler sur le sorgho. Bientôt la recherche va fournir des variétés qui répondront aux besoins des paysans sur ces qualités recherchées. maîtriser les coûts de production. Dans le cadre du transfert des technologies, le programme Intsormil (International sorghum and millet) financé par l'USAID a permis d'assister les paysans en leur fournissant des intrants agricoles (semences, engrais et paquets technologiques) et en les initiant à des bonnes pratiques agricoles. Ce programme avait pour objet d'apprendre aux paysans à mieux maîtriser les coûts de production des céréales et mieux organiser leurs exploitations agricoles grâce à une meilleure rentabilité économique. La mise à disposition de magasins de stockage pour stocker les récoltes et évaluer la rentabilité avec l'octroi de crédit agricole doit permettre de mieux outiller ces paysans pour les rendre autonomes et performants et faire d'eux des entrepreneurs agricoles avertis. Des tests ont eu lieu dans plusieurs localités (Koutiala, Kolokani, Diéma, Bankass, Koro, Douentza, Baraouéli et Kita) avec des paysans regroupés en associations. Dr Niaba Temé participe à la formation de stagiaires pour les niveaux licence, master et doctorat des étudiants de l'IPR de Katibougou. Plusieurs de ces jeunes préparent leurs thèses auprès d'autres universités comme la célèbre université Legon d'Accra au Ghana. Il a pris part au montage de projets comme l'Intégration du sorgho fourrager dans le système agro-pastoral (Cinzana et Katiéna), la sélection récurrente assistée par les marqueurs dans le cadre des programmes Mars (2008-2012) et BCNAM (Rétrocroisement assisté marqueurs -2010-2014) financé par Generation challenge programm (GCP) à hauteur respectivement de 120,6 millions Fcfa et 400 millions Fcfa. L'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) a financé l'installation de facilité d'irrigation par aspersion à Sotuba. Ce système d'irrigation qui a coûté 150 millions Fcfa permet désormais de raccourcir le temps de recherche pour trouver une variété. Il lève les contraintes liées essentiellement à la source d'eau et aux parcelles d'expérimentation. Le chercheur pourra en toute saison poursuivre ses recherches sans se soucier de la source d'eau pour irriguer ses parcelles expérimentales. Grâce aux efforts des chercheurs sur le sorgho, les paysans disposent de plus en plus de variétés améliorées qui répondent aux besoins de rentabilité économique, de diversification et de transformation. Dr Niaba Temé est de ceux-là qui y ont contribué.

M. COULIBALY

Insécurité alimentaire au Sahel et en Afrique de l'ouest : LES PAYS EVITENT LES SURPRISES

En 2011, plusieurs organisations internationales avaient prédit de graves pénuries alimentaires qui mettraient à mal la sécurité alimentaire dans le Sahel. Toutefois, lorsque le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) a analysé les données qu'il avait recueillies dans son centre de données satellitaires, ainsi que les données agricoles fournies par les pays, il a proposé un autre scénario. Selon le CILSS, la production alimentaire serait bel et bien suffisante, mais il y aurait un problème d'«accès»: les gens n'auraient pas assez d'argent pour acheter les aliments disponibles. La prévision du CILSS était exacte. Voilà le genre de résultat que l'on attend aujourd'hui de cette organisation, dont la devise est «jamais surpris». Créé par la FAO en réponse à une sécheresse prolongée qui a débuté dans le Sahel dans les années 1960, le CILSS couvrait au départ les neuf pays sahéliens. Aujourd'hui, son mandat s'étend aux pays côtiers de l'Afrique de l'Ouest, puisqu'il est la branche technique de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Le CILSS veille constamment à ce que ses membres ne soient jamais surpris par les évolutions des conditions climatiques ou de la situation du marché qui pourraient avoir une incidence sur leur sécurité alimentaire nationale. Cela fait quarante ans que la FAO et le CILSS travaillent ensemble, la première apportant au second son expertise technique et son appui financier. Le secrétariat du CILSS, au Burkina Faso, se trouvait à l'origine au Siège de la FAO, à Rome. Aujourd'hui, le CILSS est un comité régional permanent pour la lutte contre la sécheresse et met en ½uvre un programme rigoureux aux fins d'analyses, de prévisions et de mesures d'atténuation des effets de la sécheresse dans ses 17 pays membres d'Afrique de l'Ouest et du Sahel. Le CILSS améliore sa capacité de suivi en temps réel de la sécurité alimentaire dans la région, au moyen de techniques allant de systèmes satellitaires et de gestion des données de pointe à des missions de suivi menées avec des partenaires techniques dans chacun des 17 pays pendant chaque campagne agricole. Chaque année, il organise cinq ateliers régionaux sur la prévention et la gestion des crises alimentaires (PREGEC), durant lesquels les pays présentent les résultants de l'évaluation des cultures et parviennent à un consensus. Toutes les informations sont versées dans des «bilans céréaliers», des rapports que le CILSS prépare pour chacun de ses pays membres. Dans ces bilans, le CILSS calcule la production nationale, les importations prévues et l'aide alimentaire et les réserves alimentaires disponibles, et compare ces chiffres à la consommation. Lors de l'atelier PREGEC de fin d'année, le CILSS réunit l'OCDE et d'autres partenaires, ainsi que les spécialistes techniques de la FAO en agronomie, en statistiques et en systèmes d'alerte précoce. Ce réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA) dans le Sahel et en Afrique de l'Ouest analyse tous les bilans céréaliers et d'autres données afin de définir de quel soutien éventuel les pays pourraient avoir besoin au cours de la campagne à venir, de façon à ce que les interventions puissent être préparées en vue de leur mise en ½uvre rapide pour éviter l'aggravation de situations mauvaises. La FAO a beaucoup soutenu le CILSS dans l'élaboration de son cadre harmonisé, un outil aujourd'hui mis en ½uvre au niveau national qui complète le bilan en classant la situation actuelle et projetée en matière de sécurité alimentaire sur une échelle standard dans l'ensemble de la région. Cette échelle standard se fonde sur le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), outil mis au point par la FAO qui permet de comparer la gravité de l'insécurité alimentaire entre les régions et d'en suivre l'évolution au fil du temps. Dans l'ensemble du Sahel, la sécurité alimentaire est liée à la résistance à la sécheresse. D'abord intéressé par la conservation des eaux et des sols, le CILSS a élargi ses horizons aux systèmes sophistiqués d'information et de présentation des données. Le CILSS assure un suivi constant de la région, soucieux d'amener de la résistance dans l'écosystème fragile qui fournit des moyens d'existence à des millions d'éleveurs et d'agriculteurs.

Source FAO

L'essor

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