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Tanzanie – Des réfugiés expulsés pour cultiver du biofuel

Le gouvernement tanzanien est sur le point de céder 325.000 hectares de terres à un investisseur étranger dans la province de Rukwa, à l’ouest du pays. Ces terres, qui couvrent 945.000 km², sont pourtant occupées depuis 1972 par des réfugiés.

Consacré à la culture de biocarburant, le projet est d’une réelle importance pour le pays, puisqu'il s’intègre dans la politique du gouvernement tanzanien de moderniser son agriculture en développant les organismes génétiquement modifiés (OGM), relate The East African.

Si plusieurs points du contrat étaient encore en discussion, l'expulsion des occupants actuels de ces terres a déjà commencé. Trois camps de réfugiés y sont établis depuis 39 ans: Lugufu (25.000 hectares), Katumba (80.317 hectares) et Mishamo (219.800 hectares). A ce jour, le 17 juin 2011, Lugufu déjà été vidé, et les deux autres camps sont en cours d’évacuation, indique l’institut Oakland, auteur d’un rapport (PDF) sur 7 pays concernés par des investissements étrangers sur des terres arables.

Ces expulsions sont d’autant plus paradoxales que la Tanzanie s’est démarquée jusqu’alors par une politique d’accueil réputée «généreuse». Le gouvernement a par exemple prévu de naturaliser pas moins de 160.000 réfugiés burundais. Ces derniers craignent cependant que la procédure soit différée tant que les camps ne sont pas relocalisés.

La conclusion du contrat de vente entre le gouvernement tanzanien et la société Agrisol Energy Tanzanie (issu d’un partenariat entre la société américaine Agrisol Energy et une société tanzanienne Serengi AdvisorsLdt) devrait, selon Oakland, intervenir à la fin du mois de juin 2011.

Lu sur The East African