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Maxime Kaboré, président du PIB : « Que les députés qui rejettent le Sénat pour son coût, renoncent à leurs indemnités »

Le Parti indépendant du Burkina, à travers son président, Maxime Kaboré, s'est prononcé sur la mise en place du Sénat qui défraie la chronique. Devant les hommes des médias le 7 juin 2013 à Ouagadougou, il a rappelé que le Sénat est une émanation du Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP), confirmé par les assises nationales et consacré par la constitution.

Pour lui, « l'opposition radicale » qui désapprouve la mise en place du Sénat comme une affaire nouvelle ne s'en est pas pourtant servi comme un de ses thèmes de campagne lors des élections couplées du 2 décembre 2012. C'est pourquoi, il dit ne pas comprendre la levée de boucliers au moment du vote de la loi organique. Il a relevé que la composante de l'opposition qui rejette le Sénat a bénéficié des mêmes réformes consensuelles engagées à l'issue du CCRP.

Certaines provinces qui n'avaient qu'un député ont vu ce nombre passer à 2 et ce, grâce à ces réformes consensuelles. « En son temps, aucune voix ne s'est élevée pour contester cela », a-t-il constaté. Maxime Kaboré a précisé que le nombre de sénateurs a été ramené à 89, afin de respecter l'esprit du CCRP qui l'avait fixé à 90 membres, mais aussi pour réduire le coût de cette institution jugé très élevé. Dans cette même optique, il a affirmé qu'il serait favorable à une chambre de 60 personnes, non pas seulement à cause de son coût, mais pour avoir une institution resserrée. A son avis, l'utilité du Sénat n'est plus à prouver. Il participe au débat démocratique, à l'équilibre du pouvoir. Il renforce aussi, de par son rôle, le pouvoir législatif. De plus, ajoute M. Kaboré, le Sénat n'a pas une responsabilité consultative. Il statue en dernier ressort sur les questions ayant trait aux collectivités territoriales et à la diaspora.

C'est pourquoi, le président du PIB a souhaité voir la fin de ce qu'il a appelé une campagne d'instru-mentalisation de la population sur le Sénat. En outre, il a dit être favorable à un Sénat composite. Du reste, a-t-il soutenu, le président du Faso nommera des personnalités de sorte à équilibrer cette assemblée. Il est aussi persuadé qu'il n'y aura pas de nominations de complaisance.

Eviter la ''toute puissance'' de la majorité présidentielle

Maxime Kaboré n'a pas non plus apprécié certaines composantes qui n'ont pas apporté leur caution au vote de la loi organique sur le Sénat, alors que celles-ci ont participé aux CCRP, aux assises nationales, et ont des membres dans le comité de suivi de la mise en ½uvre des engagements issus du CCRP. Il a relevé alors que leur démarche manque de cohérence.

Trouvant opportune la création du Sénat, M. Kaboré a indiqué : « les députés qui rejettent le Sénat en mettant en avant les questions budgétaires, doivent d'abord renoncer à leurs indemnités parlementaires ». Dans ces conditions, il sera favorable que le mandat des sénateurs soit gratuit. Il a reconnu tout de même qu'il y a une cherté de la vie à laquelle il faut ajouter des problèmes dans les écoles et universités.

Tout en déplorant les conditions dans lesquelles évoluent les étudiants, il a proposé que des solutions structurelles soient trouvées afin de résoudre les difficultés dans le secteur de l'éducation. Maxime Kaboré s'est dit également favorable de voir un opposant modéré à la tête du Sénat, afin d'éviter la ''toute puissance'' de la majorité présidentielle et de favoriser l'équilibre des pouvoirs.

Qu'en est-il des supputations qui font de lui le vice-président du Sénat, de l'absence de la jeunesse dans ladite institution ou de la modification de l'article 37 ?

A ces préoccupations des journalistes, Maxime Kaboré a fait remarquer que ce sont les sénateurs qui élisent le bureau du Sénat et ce bureau n'est pas le fruit d'une nomination. Pour lui, l'absence des jeunes dans le futur Sénat se justifie par le fait que le Sénat a une étymologie qui a trait aux seniors et requiert une certaine expérience.

Toutefois, il s'est dit favorable à d'éventuelles modifications de la loi, en vue d'intégrer la jeunesse dans cette sphère législative. En ce qui concerne l'article 37, il pense qu'il sera difficile pour la majorité présidentielle d'avoir les 2/3 des membres du parlement, en vue de sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel.

K. Anselme KAMBIRE
Sidwaya

Le Faso

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